22 Fév

« L’attention allemande se porte aujourd’hui sur Verdun » Léon Mortreux

Fin février 1916, commence la plus célèbre bataille de la grande guerre, la Bataille de Verdun. 

Dans cette nouvelle correspondance de guerre, Léon Mortreux fait référence aux combats déclenchés la veille par l’armée allemande, le lundi 21 février 1916.

Ce mardi 22 février 1916, il écrit à Béthune à son Oncle Fernand Bar  »

l’attention allemande est distante de chez vous puisqu’elle se porte principalement aujourd’hui sur Verdun.

Ce jour-là, Léon Mortreux ignore que cette bataille sera la plus longue bataille de la grande guerre … 300 jours en enfer.

Des millions d’obus s’abattent sur les collines de Verdun. Les combats vont durer 10 mois, jusqu’en décembre 1916. La Bataille de Verdun fera plus de 300 000 morts et 400 000 blessés dans les deux camps.

Léon-Mortreux-23-02-1916

Dans cette correspondance de guerre du 22 février, Léon Mortreux rappelle qu’il a été le sergent-instructeur de la Classe 16. Il craint que les jeunes soldats formés sous ses ordres, soient envoyés sur Verdun. « Je ne le lui souhaite pas » écrit-il.

Aujourd’hui Léon Mortreux forme les bleus de la Classe 17 à Fontainebleau dans l’attente d’un prochain départ sur le front.  

ils vont commencer les tirs, le lancement de grenades et apprendre ce qu’est le masque de protection contre les gaz.

Léon-Mortreux-22-02-1916-2

Léon Mortreux

Léon Mortreux

Fernand Bar

Fernand Bar

Lettre de Léon Mortreux à Fernand Bar, envoyée le 22 février 1916

Ce mois de février 1916, Léon Mortreux décrit une météo à l’image de la bataille de Verdun qui commence … rude et longue. « Au point de vue temps, nous avons eu cette semaine un froid rigoureux et qui pourrait persister

Fontainebleau
22 février 1916

46è – 26è Compagnie

Cher Oncle,

J’ai pu obtenir 24h dimanche dernier pour aller à Paris embrasser Papa et Berthe que j’ai trouvés en bonne santé.

Nous sommes allés à Neuilly et avons déjeuné chez X ? où se trouvaient réunis H. Bracq et Jeanne Bar ainsi que tous les enfants.

Henri nous a dit attendre incessamment son ordre de départ pour Londres, il n’a pas pu dire « secret militaire » la raison de son envoi là-bas.

Et toi, comment vas-tu ? J’espère que l’attention allemande est distante de chez vous puisqu’elle se porte principalement aujourd’hui sur Verdun.

Peut-être la Classe 16 va-t-elle donner, je la lui souhaite pas.

L’automatisme se crée dans la compagnie ici, le travail est de ce fait facilité.

Les bleus moins heurtés que leurs devanciers sont de bons petits, pas dociles.

Jusqu’à ce jour, ils ont surtout fait de la gymnastique, ils vont commencer les tirs, le lancement de grenades et apprendre ce qu’est le masque de protection contre les gaz.

J’ai rapporté de Paris les guêtres que tu m’as donnés et qui me plaisent beaucoup. Merci sincère pour ce cadeau.

Au point de vue temps, nous avons eu cette semaine un froid rigoureux et qui pourrait persister : étant donné le combustible fourni par la nourriture substantielle d’une part et la houille abondante d’autre part, nos hommes supportent très bien ces variations de températures.

Aucun fait saillant à te signaler. Je suis heureux de te lire bientôt et t’embrasse de tout coeur.

Ton neveu qui t’aime bien
Léon

Marial le barbu est attendu bientôt à Neuilly ? ou au Bourget chez Jeanne Bar.

13 Fév

« Temps doux ici, pluies cette semaine » Léon Mortreux

« Temps doux ici, pluies cette semaine ». Une carte postale de vacances ? Pas vraiment. Et pourtant le courrier de Léon Mortreux du 13 février 1916 ressemble plus à une carte postale de vacances qu’à une correspondance de guerre.

La carte représente la salle du Conseil du Château de Fontainebleau … une illustration bien loin des tranchées.

A sa façon, Léon Mortreux rappelle qu’il est sergent instructeur à Fontainebleau, dans la caserne Damesme où se trouve le dépôt du 46è régiment d’Infanterie. Qu’ici, dans cette ville à 60 km au sud de Paris, la vie est « la plus douce possible ». D’ailleurs les jeunes soldats de la Classe 17 « oublient de le reconnaître ».

Carte

Léon Mortreux

Léon Mortreux

Fernand Bar

Fernand Bar

Lettre de Léon Mortreux à Fernand Bar, envoyée le 13 février 1916

« J’espère que tu es en bonne santé et moins inquiété par le voisinage allemand » Léon Mortreux s’inquiète pour son oncle à Béthune à une quinzaine de kilomètres des lignes allemandes, alors que lui sergent instructeur fait la guerre … à 150 kilomètres du front.

Correspondance de guerre il y a cent ans

Léon-Mortreux-13-02-1916

Fontainebleau
13 février 1916

26è Compagnie
46è Infanterie

Cher Oncle,

J’espère que tu es en bonne santé et moins inquiété par le voisinage allemand.

Je vais bien, mes élèves s’accoutument, on leur fait la vie la plus douce possible. On est pour eux très tolérant et ils oublient de le reconnaître.

Flore m’écrit qu’Auguste a un commencement de grippe. Berthe, Robert et Martial vont bien. J’attends depuis le jour de l’an la permission qui me permettra de venir à Paris voir les petites.

Il y a quelque temps que mon oncle Auguste ne m’a pas écrit. Je viens d’écrire à Paris, on y est je pense bien portant.

J’ai écris à quelques camarades qui sont instructeurs.

Vois tu encore Martial ? Comment se porte t-il  ?

Temps doux ici, pluies cette semaine.

Je t’embrasse affectueusement
Léon