09 Nov

Sur Terre et dans l’espace, pop-ups et livres animés à volonté…

  Les pop-ups ont toujours la cote, chaque éditeur et auteur rivalisant d’ingéniosité et d’imagination. La preuve avec ces quelques nouveautés…

Chez Hatier jeunesse, tout d’abord, Bienvenue à bord d’une station spatiale est un ouvrage réellement spectaculaire qui, une fois ouvert à 360°, déploie le décor d’une station spatiale. Le jeune lecteur peut alors en visiter l’intérieur, depuis l’espace de vie jusqu’au laboratoire orbital, en passant bien sûr par la cabine de pilotage. Mais en plus d’être un livre animé, Bienvenue à bord d’une station spatiale est aussi un livre jeu. Le lecteur trouvera dans les premières pages des petits spationautes en carton prédécoupés ainsi que des informations sur les stations spatiales et la vie à bord. on s’y croirait…

On dit qu’on me voit depuis la Lune et donc, forcément ,depuis les stations spatiales. Je suis longue de plusieurs milliers de kilomètres, vieille de plus de deux mille ans et suis inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987. Qui suis-je ? La Grande Muraille de Chine, bien sûr ! Publié chez Casterman jeunesse, réalisé par un passionné des contes populaires et des minorités, Guillaume Olive, et par une peintre-illustratrice d’origine chinoise, He Zhihong, ce fantastique pop-up propose aux jeunes lecteurs une exploration en 3D de la fortification. A Chaque double page son animation, ses illustrations réalisées à l’aquarelle et ses textes qui délivrent des informations sur les grandes caractéristiques de la muraille, sur son histoire, sa construction…

Faire découvrir l’ailleurs, tel est l’objectif de la collection Les Ethniques des éditions Sorbier dans laquelle vient de paraître Mes Maisons du monde. L’auteure, Clémentine Sourdais, y propose de découvrir cinq maisons du monde, une isba en Russie, une yourte en Mongolie, une case au Sénégal, une maison sur pilotis au Pérou et un igglo au Groënland. Pour chacune d’elles, le lecteur peut contempler l’extérieur puis ouvrir des volets latéraux pour pénétrer à l’intérieur. Un petit texte présente les spécificités de la maison et le matériau dans lequel elle est construite. Surprise, en dernière page se déploie un pop-up : c’est une maison du sud de la France. Un beau petit livre qui permet aux enfants, à partir de 3 ans, de découvrir et de comparer l’habitat. E.G.

Dans le détail :

Bienvenue à bord d’une station spatiale. Editions Hatier jeunesse. 13,95 euros.

La Grande muraille de Chine, de Guillaume Olive et He Zhihong. Editions Casterman. 23,50 euros.

Mes Maisons du monde, de Clémentine Sourdais. Editions Le Sorbier. 16,90 euros.

Le Petit théâtre d’ombres. Editions Gallimard jeunesse. 19,90 euros avec le théâtre. 13,50 euros la recharge seule.

  Les éditions Gallimard viennent de lancer une nouvelle collection qui se veut à la fois ludique et pédagogique et qui a pour noble ambition de mettre en scène les plus grands textes de la jeunesse. Et pour celà, elles ont créé un petit théâtre d’ombres façon pop-up qui fonctionne avec une lampe dynamo écologique et un écran sur lequel on plaque des décors et des figurines qu’on trouve dans des livres recharges. Il suffit ensuite de s’aider des livrets fournis qui comprennent l’histoire illustrée et un carnet de mise en scène proposant un découpage scène par scène. A ce jour, quatre contes sont sortis : Le Petit Chaperon rouge et Le Chat botté, qui sont disponibles tous deux avec leur théâtre, La Belle au bois dormant et Ali Baba et les quarante voleurs, uniquement disponibles en recharge. Un cadeau vraiment original pour les fêtes de fin d’année ! E.G.

La Grande compétition, Grand galop (tome 2), collectif. Editions Delcourt. 8,90 euros.

  Plus de 15 ans d’existence, une série télévisée suivie par 500 000 téléspectateurs chaque semaine sur Gulli, 350 000 DVD et 5 millions de romans vendus,  un générique, Hello World, devenu un tube, un premier volet de l’adaptation BD écoulé à 40 000 exemplaires… Bref, Grand Galop n’en est pas à son coup d’essai… ni à son premier galop, serait-on facilement tenté d’écrire ! C’est une affaire qui marche. Qui marche rondement même ! Le secret ? Un savant mélange d’histoires de filles et de chevaux. Justement, direction le ranch du Pin creux pour ce deuxième volet où une petite nouvelle vient d’arriver. Elle s’appelle Andréa et a la carrure d’une championne. A tel point que Carole, considérée d’ordinaire comme la meilleure cavalière de toutes, se sent directement menacée. Allez, tout le monde en selle… E.G.

La Femme accident (2 volumes), de Grenson et Lapière. Editions Dupuis. 15,50 euros le volume.

  

  

  

  

  

  

  

  

   

   

  

  

Ballottée entre la maison de ses grands parents et celle de sa mère, livrée à elle-même la plupart du temps, Julie va découvrir la vie dans la rue et sur les terrils qui marquent l’horizon de cette région de Charleroi, en Belgique. Un horizon un peu trop bouché à son goût ! Après une liaison qu’elle s’imaginait pourtant sérieuse et pleine d’avenir avec son ami Théo et un avortement réalisé sous la contrainte, Julie décide de prendre son destin en main, de quitter l’atmosphère grisâtre et misérable des corons pour devenir riche et heureuse. Par tous les moyens possibles ! Mais quelques temps plus tard, Julie se retrouve en prison, inculpée de meurtre. Le procès s’ouvre. On parle d’une femme caractérielle et violente, mythomane et manipulatrice. Elle est objectivement une femme belle et seule, perdue dans ses rêves. Le verdict approche et, pendant ce temps là, dehors, un enfant attend le dénouement pour savoir quand il pourra à nouveau se lover dans les bras de sa mère…
Avec la sortie ce mois-ci du second volet s’achève l’histoire de La Femme accident. Denis Lapière, dont on connaît parfaitement le travail, notamment à travers les séries Luka, Charly et Ludo, ou les albums comme Le Bar du vieux Français, signe ici un récit qui oscille entre le drame social et l’intropsectif, un récit qu’il conservait dans ses cartons depuis plusieurs années. « La femme accident existait depuis très longtemps… », explique-t-il, « … sur des carnets, des feuilles éparses, quelques découpages de mise en scène et même en dessin, commis par plusieurs dessinateurs qui tous l’ont quitté au bout de quelques temps pour des raisons diverses ». Le personnage existe en fait depuis 1995, date à laquelle Denis Lapierre visite la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Mais il faudra attendre sa rencontre avec le dessinateur Olivier Grenson pour qu’il prenne finalement vie. La Femme accident, titre d’une chanson d’Orchestral Manoeuvre in the dark, est un récit émouvant, un peu dans la lignée du Bar du vieux Français, et remarquablement emmené par le trait réaliste, les couleurs directes et les atmosphères soignées d’Olivier Grenson. E.G.

02 Oct

Auguste Rodin, de Anne Cortey et Françoise de Guibert. Editions Hatier jeunesse. 19,50 euros.

   

Après Matisse, Picasso, Calder, de Vinci, Van Gogh ou encore Monet, Anne Cortey et Françoise de Guibert consacrent un nouveau livre animé de la collection Tout un art à Rodin, Auguste de son prénom. Au fil des pages et des animations ou manipulations, le lecteur découvre une oeuvre passionnante, puissante, riche, qui a parfois fait scandale avant de faire aujourd’hui l’unanimité. On pense bien entendu à sa sculpture la plus célèbre, Le Penseur, à laquelle Anne Cortey et Françoise de Guibert ont prêté une attention toute particulière mais aussi à toutes ces sculptures en terre cuite de danseurs qui se tordent ou s’étirent, et à ces fragments de corps que Rodin considérait comme des oeuvres d’art à part entière. En bonus, à la  fin de l’ouvrage, une pochette-surprise permet au lecteur de créer à son tour, à la manière de l’artiste, une nouvelle couverture au livre. Une collection ludique qui permet de s’initier à l’art ! E.G.

L’info en + :

Le musée Rodin, à Paris, accueille du 23 octobre 2009 au 28 février 2010 une exposition événement intitulée Matisse et Rodin.

http://www.museerodin.fr/

 

Thierry Dedieu à fond les crayons…

  

Thierry Dedieu fait certainement partie des auteurs jeunesse les plus imaginatifs, les plus éclectiques et les plus prolifiques du moment. Chez Seuil jeunesse ou Gallimard jeunesse, son nom apparaît régulièrement  au catalogue des nouveautés et devient même le gage d’une certaine qualité. C’est en 1991 que l’auteur s’est lancé dans la littérature jeunesse. Quelques dizaines de titres et plusieurs récompenses plus tard, il s’amuse et nous amuse toujours autant avec des titres très différents les uns des autres. En mai dernier, il publie Bonne pêche, un petit livre charmant sur les désagréments d’un pêcheur qui, chaque jour qui passe, voit le littoral et la mer de plus en plus souillés, pollués, par l’homme. Plus on avance dans l’ouvrage et plus le fameux pêcheur ramène dans ses filets en lieu et place des poissons, des objets pour le moins hétéroclites, symboles de notre société de consommation  : aspirateurs, téléviseurs, vélos, bidons, jouets, pendules et même un tracteur… Le message est clair !

Dans un genre très différent, toujours au Seuil jeunesse, vient de sortir un nouveau, le troisième, volume des Fables de La Fontaine mises en scène par Dedieu. Au programme, six fables : Le Cerf se voyant dans l’eau, Les Deux mulets, Le Corbeau voulant imiter l’aigle, La Chauve-Souris et les deux belettes, Le Loup et le chien, Le Lièvre et les grenouilles. Chacune d’elles est mise en perspective dans des tableaux tout en dentelle d’ombre et de lumière qui se déploient à l’ouverture des pages. C’est splendide !  

Chez Gallimard jeunesse, cette fois, Zoo est une façon originale de voir les animaux. Ici, tout est inversé, jusqu’au titre de couverture. Au fil des pages, on découvre une jeune femme toute habillée de rose devant la cage des flamants, une géante devant l’enclos des girafes, un punk admirant des porcs-épics, un balayeur endormi sur son balai devant les paresseux et… devant les singes… une surprise ! C’est frais, drôle, coloré, original !

Enfin, retour au Seuil avec un livre cartonné pour les enfants à partir de 3 ans, un livre qui revisite le conte de Hans Christian Andersen, La Princesse au petit pois, qui raconte l’histoire d’un prince désireux de se marier avec une princesse – une vraie princesse – et qui pour la trouver  fera le tour du monde. Sans résultat ! C’est finalement dans son propre château qu’il la trouvera, grâce à un petit pois… Le livre est magnifique, les illustrations faites de montages photos sont franchement originales et le ton général reste bien entendu très frais, léger, pour ne pas dire drôle ! E.G.

Dans le détail :

Bonne pêche. Editions Seuil jeunesse. 13,50 euros.

Les Fables de La Fontaine mises en scène par Dedieu. Editions Seuil jeunesse. 18 euros.

Zoo. Editions Gallimard jeunesse. 15 euros.

La Petite princesse au petit pois. Editions seuil jeunesse. 13,50 euros