16 Mai

Le coin des mangas. Notre sélection à lire en mai

De l’horreur félinesque de Junji Ito aux fresques épiques de Berserk ou One Piece, en passant par l’intimité poétique de Sukima ou l’action déjantée de Sakamoto Days, cette sélection explore les multiples visages du manga.

On commence par une histoire de chats, mais pas une histoire de chats à la Chi, qui caresse dans le sens du poil tous les amoureux des félins. Non, ici, on serait plutôt dans la catégorie coup de griffe. Junji Ito, connu comme l’un des maîtres du manga d’horreur, se met ici en scène. Il vient d’emménager dans sa nouvelle maison. Tout est neuf, propre, beau. Mais pas pour longtemps. Sa compagne, qui s’installe avec lui, débarque avec son chat, Yon, dont le pelage dessine une tête de mort sur le dos. Et rien que pour ça, Junji Ito s’en méfie. Et ce n’est pas fini : un deuxième chat rejoint bientôt le foyer, Mû. Dès lors, la vie du mangaka se transforme en un véritable cauchemar. Sorti en édition standard en 2015 aux éditions Delcourt, Le Journal des chats revient aujourd’hui dans une édition prestige : couverture rigide, photos des véritables chats de l’auteur, interview de Junji Ito… Un écrin idéal pour cette œuvre aussi absurde qu’hilarante !  (Le Journal des chats, de Junji Ito. Delcourt / Tonkam. 12,99€)

Tsutomu Nihei s’est fait connaître au Japon comme en Europe avec des récits de science-fiction sombres, désespérés, violents et oppressants. De Abara à Biomega, en passant par BLAME!, son univers organique et labyrinthique est immédiatement reconnaissable. Des œuvres récemment rééditées en version Deluxe chez Glénat. L’auteur revient aujourd’hui avec un récit de fantasy, Tower Dungeon, graphiquement un peu moins torturé mais toujours aussi percutant et efficace. Au cœur de l’histoire : une princesse enlevée par un nécromancien maléfique et enfermée dans la tour des dragons. Pour la libérer, la garde royale va devoir affronter une galerie de monstres particulièrement savoureux. Le troisième tome est sorti en mars, tandis que le quatrième est déjà annoncé pour le mois de juillet prochain. (Tower Dungeon, tome 3, de Tsutomu Nihei. Glénat. 7,90€)

Une réédition. Et pas n’importe laquelle : celle du cultissime Berserk. Cette nouvelle édition grand format, sous couverture rigide, bénéficie d’une traduction entièrement revue. L’occasion rêvée de redécouvrir ce chef-d’œuvre de dark fantasy dans les meilleures conditions. Plongée garantie dans un Moyen Âge plus sombre que jamais, aux côtés de Guts, mercenaire au bras artificiel maniant une épée titanesque, et de Puck, un elfe espiègle issu d’un peuple féerique. Tandis que l’un incarne la violence brute, l’autre vient en atténuer les ténèbres. Imaginée par Kentaro Miura, cette fresque culte continue de fasciner par la richesse de son univers, sa noirceur et la puissance de son dessin. Le cinquième tome, sorti ce mois-ci, réunit les tomes 9 et 10 de l’édition originale. (Berserk tome 5, de Kentaro Miura. Glénat. 24,90€)

On continue avec les rééditions, cette fois avec Rave. Dix-huit tomes sont attendus et treize sont d’ores et déjà disponibles. Cette nouvelle édition grand format, proposée en volumes doubles, permet de profiter pleinement du dessin de Hiro Mashima et de redécouvrir une aventure aux accents très Dragon Ball. L’histoire débute dans un monde au bord des ténèbres, cinquante ans après une guerre ayant opposé les Rave, pierres sacrées, aux Dark Bring, pierres maléfiques, conflit qui s’est soldé par la victoire des premières. Mais pour empêcher le retour des Dark Bring, un nouveau sauveur est nécessaire. Ce sera Haru, jeune garçon aux cheveux argentés, débrouillard et courageux, maniant une épée gigantesque et toujours accompagné de Plue, une étrange petite créature ressemblant à s’y méprendre à un bonhomme de neige. Ensemble, ils affrontent les Dark Bring et l’organisation criminelle Demon Card dans un récit d’aventure généreux, dynamique et résolument porté sur l’amitié et le dépassement de soi. Rave marque la première grande série du créateur de Fairy Tail.  (Rave, tome 13, de Hiro Mashima. Glénat. 14,95€ le volume)

Gao Yan nous avait déjà éblouis de son talent au début de l’année 2025 avec sa première œuvre publiée aux éditions Sakka, le diptyque The Song about Green. Elle revient aujourd’hui avec Sukima, un récit sensible et intimiste qui confirme toute la finesse de son regard d’autrice déployant une grande délicatesse, aussi bien dans le dessin que dans le propos. Cette fois, Gao Yan nous guide sur les pas de Yang Yang, 22 ans, étudiante taïwanaise en quête d’échappatoire. Pour fuir le deuil de sa grand-mère et une relation amoureuse douloureuse, elle part pour Okinawa, au Japon, dans le cadre d’un échange universitaire. Dès son arrivée, un typhon l’accueille, comme un écho à la tempête qui l’habite. Entre découvertes et rencontres, elle tente de se reconstruire, mais les fantômes du passé peinent à la lâcher. Un récit d’émancipation, où l’intime se mêle subtilement au politique. (Sukima tome 1, de Gao Yan et Alexandre Fournier. Sakka. 14,50€)

Jirō Taniguchi est sans doute l’un des auteurs de mangas les plus connus et les plus appréciés en Europe. Avec L’Homme qui marche, Le Journal de mon père, Quartier lointain, Furari, Le Gourmet solitaire ou encore Les Années douces, il a bâti une œuvre personnelle, sensible et profondément humaniste, largement influencée par la bande dessinée européenne. Dans Au temps de Botchan, dont le cinquième volet est sorti en mars, le mangaka met en images, avec ce trait fin, délicat et poétique qui le caractérise, un scénario signé Natsuo Sekikawa. Direction le Japon du début du XXᵉ siècle pour une fresque aussi historique que littéraire, qui explore les bouleversements culturels et intellectuels d’un pays en pleine mutation. (Au temps de Botchan, tome 5, de Taniguchi et Sekikawa. Casterman. 22€)

Pour ceux qui ne captent pas un mot d’anglais, Smother Me signifie en français « Étouffe-moi ». Autant vous dire que ce manga n’a rien d’un conte pour enfants. Hiroshi Shimomoto y déroule dans un style graphique singulier l’histoire d’un garçon de 13 ans vendu par sa mère à un homme qui fait de lui un tueur à gages. Surnommé « Le Serpent », il étouffe ses victimes pour accomplir ses contrats. On pourrait le croire totalement dénué d’émotions et d’empathie. Pourtant, ses crimes le hantent chaque nuit. Lorsqu’il rencontre Lynne, une jeune femme malvoyante, il accepte une mission particulièrement dangereuse, avec l’espoir de gagner suffisamment d’argent pour lui offrir une opération des yeux. (Smother me, tomes 1 et 2, de Hiroshi Shimomoto. Glénat. 10,95€ le volume)

Série culte s’il en est, plus de quarante ans d’existence, des millions d’exemplaires vendus à travers le monde, des adaptations en films d’animation, en jeux vidéo et des produits dérivés comme s’il en pleuvait… Dragon Ball continue de traverser les générations. Créée par Akira Toriyama, la série bénéficie désormais d’une nouvelle collection Full Color en grand format, dont la publication a débuté en mai 2024. Cette édition reprend les pages de la version classique en 42 volumes, mais les réorganise par grands arcs narratifs. Le troisième volume du troisième arc, consacré aux Saiyans, vient tout juste de paraître. Une excellente occasion de replonger dans les aventures de Son Goku, au moment où l’univers de Dragon Ball bascule définitivement vers des affrontements toujours plus spectaculaires. (Dragon Ball Full Color, Les Saiyans, tome 3, d’Akira Toriyama. Glénat. 14,95€ le volume)

Faut-il encore présenter Les Légendaires ? La célèbre série imaginée par Patrick Sobral s’est imposée comme un véritable phénomène, avec des millions d’exemplaires vendus, de multiples séries dérivées et des adaptations en tous genres. Les fans peuvent aujourd’hui se régaler avec son adaptation officielle au format manga, toujours scénarisée par Patrick Sobral, mais cette fois mise en images par Guillaume Lapeyre, déjà remarqué pour City Hall. Cette version manga conserve l’esprit d’aventure, d’humour et d’action qui a fait le succès de la série originale, tout en adoptant une mise en scène plus dynamique et des codes visuels typiquement japonais. Le douzième volume est sorti en janvier.  (Les Légendaires, Saga tome 12, de Sobral et Lapeyre. Delcourt / Tonkam. 8,50€)

Et ça continue, encore et encore… One Piece poursuit sa route avec un 112e volume. De quoi donner le vertige et confirmer la place de la série parmi les mangas les plus lus et les plus populaires de la planète — et peut-être même au-delà. Créée par Eiichirō Oda, l’œuvre cumule plusieurs centaines de millions d’exemplaires vendus dans le monde, dont plus d’une trentaine de millions en France. Un succès colossal porté par un univers foisonnant mêlant aventure, fantastique, humour et combats épiques. Au centre du récit, Luffy — ou Lufy dans la version française historique — jeune pirate au chapeau de paille, rêve de devenir le roi des pirates en mettant la main sur le légendaire trésor appelé le « One Piece ». (One Piece tome 112, de Eiichiro Oda. Glénat. 7,20€)

C’est une histoire d’épicier. Mais d’épicier épicé. Du genre qui ne vend pas que des légumes. Taro Sakamoto, c’est son nom, a beau avoir un léger embonpoint, une moustache à la papa, des lunettes de myope, il est à lui seul un mythe, une légende, un ex-tueur admiré de tous ses congénères, craint par tous les gangsters. Oui, Sakamoto l’épicier avait le flingue facile avant de raccrocher, de se marier, d’avoir un enfant et de s’installer comme épicier. Une vie pépère jusqu’au jour où le jeune assassin télépathe Sin débarque dans la supérette. Vous voulez de l’action ? Alors vous en aurez, Sakamoto Days est un concentré d’énergie au rythme de parution effréné. Le tome 21 est sorti en avril. (Sakamoto Days tome 21, de Yuto Suzuki. Glénat. 7,20€)

On termine avec le premier volet de la trilogie Les Chants du Cygne noir publié aux éditions Rue de Sèvres et signé Alex Alice. Ce dernier a fait son entrée dans le monde du neuvième art en dessinant Le Troisième Testament sur un scénario de Xavier Dorison. C’était à la fin du siècle précédent et au début du suivant, quatre tomes qui ont marqué l’histoire de la bande dessinée. Un peu plus de vingt ans et une belle brochette d’albums plus tard, Alex Alice poursuit sa route, adopte cette fois-ci le format manga et nous embarque dans l’espace pour une aventure à la frontière de l’inconnu, au cœur de la fameuse ceinture d’astéroïdes. Un récit SF imprégné de mythologies, le tout porté par un graphisme hybride, à mi-chemin entre le manga et la bande dessinée franco-belge.. (Les Chants du Cygne noir, d’Alex Alice. Rue de Sèvres. 13,90€)

Eric Guillaud

19 Mar

Old man, le temps n’est-il vraiment qu’une illusion ?

Drôle d’objet que ce Old Man, un manga, évidemment, mais aussi et surtout un thriller ou plutôt une histoire de vengeance teintée de fantastique multipliant les clins d’œil plus ou moins appuyés à Hollywood mais aussi à la légende d’Elisabeth Bàthory et à la source de sa supposée éternelle jeunesse.

 

Old Man c’est d’abord la nouvelle création de Chang Sheng, auteur d’origine taïwanaise complet car signant ici le scénario et les dessins. C’est aussi un volume plus conséquent qu’à la normale avec ses 360 pages et sa couverture classieuse. Mais c’est surtout une parabole, assez cruelle, sur tous ceux et toutes celles prêts à tout, même le pire, pour retarder l’inévitable. Son slogan récurrent le résume d’ailleurs très bien : le temps n’est qu’une illusion.

Dans un pays non identifié et à une période hybride – à la fois victorienne et moyenâgeuse – s’affrontent dans une ronde morbide une reine immortelle, un illusionniste embastillé pour avoir soi-disant trahi la couronne et une générale amputée de ses quatre membres pour avoir failli. Si le ‘old man’ du titre (‘vieil homme’) est l’illusionniste, modelé d’une manière troublante sur l’acteur Sean Connery, la reine, elle, est directement calquée sur Elisabeth Bàthory, comtesse hongroise de la fin du XVIᵉ siècle ayant réellement existé et à la beauté, paraît-il, légendaire, au point d’être soupçonnée d’avoir fait régulièrement enlever et assassiner des jeunes vierges pour pouvoir se baigner dans leur sang et ainsi prolonger sa jeunesse.  

© Glénat / Chang Sheng

Avec son trait très réaliste et ses nombreux gros plans explorant le visage de ses protagonistes, Sheng réussit à retranscrire la psyché de ces êtres tous maudits ou maudites à leur façon et se débattant, parfois d’une façon pathétique, pour essayer d’échapper à leur destin. Tous sont cabossés, intérieurement ou littéralement, la plus perturbante étant Rebecca, ancienne soldate dévouée dont les extensions des membres lui donnent un faux air de poupée enfantine.

Même si le tout est parfois un chouia dense et souffre un peu d’un rythme inégal car alternant scènes frappantes, comme l’introduction, et digressions un peu longuettes, Old Man cultive soigneusement sa singularité, notamment grâce à un ton inhabituel, sombre et cruel certes mais aussi raffiné et, disons-le carrément, classieux.

Olivier Badin

Old Man, de Chang Sheng, Glénat. 15,95 euros

© Glénat / Chang Sheng

06 Fév

Le coin des mangas. Intégrales, rééditions, nouveautés… douze titres récents à dévorer sous la couette

On commence avec une réédition, et pas des moindres, celle du cultissime manga de Kentaro Miura, Berserk. Cette nouvelle édition grand format, sous couverture rigide, bénéficie d’une traduction entièrement revue et propose des pages couleurs exclusives. L’occasion rêvée de redécouvrir ce chef-d’œuvre de dark fantasy dans des conditions idéales. Plongée garantie dans un Moyen Âge poisseux et désespéré, aux côtés de Guts, mercenaire au bras artificiel et à l’épée titanesque, et de Puck, un elfe espiègle issu d’un peuple féerique. Tandis que l’un incarne la violence brute, l’autre en atténue les ténèbres. Le troisième volume sorti en novembre réunit les tomes 5 et 6 de l’édition originale. Un quatrième volume est annoncé pour ce mois de février. Bienvenue en enfer ! (Berserk tome 3, de Kentaro Miura. Glénat. 24,90€)

Une autre série culte. Plus de quarante ans d’existence, des millions et des millions d’albums vendus à travers la planète, des adaptations en films d’animation, en jeux, des produits dérivés comme s’il en pleuvait… et une nouvelle collection pour ce bijou du manga du sieur Akira Toriyama, une collection Full Color et grand format dont la publication a débuté en mai 2024. Cette nouvelle édition reprend les mêmes pages que l’édition traditionnelle (42 volumes)  mais est divisée en arcs scénaristiques. Le premier volet du troisième arc consacré aux Saiyans vient tout juste de sortir et le second est annoncé pour mars. (Dragon Ball Full Color, Les Saiyans, tome 1, d’Akira Toriyama. Glénat. 14,95€ le volume)

En 2018, année où Osamu Tezuka aurait célébré ses 90 ans, les éditions Delcourt lançaient une collection entièrement dédiée à la réédition de ses œuvres emblématiques. Surnommé à juste titre le dieu du manga du haut de ses 700 titres et près de 170 000 planches, Tezuka est un artiste singulier inspiré par la littérature populaire, les comics américains, le cinéma d’une façon générale, les dessins animés de Walt Disney en particulier, à qui d’ailleurs il emprunta les yeux ronds que l’on retrouve aujourd’hui dans quantité de mangas. Une vingtaine de titres composent aujourd’hui cette collection que Princesse Saphir a rejoint en novembre dernier. Comme Astro Boy et Le roi Léo, Princesse Saphir, créée dans les années 50, contribua à forger le paysage du manga pour la jeunesse de l’après-guerre, comme le rappelle le spécialiste Xavier Hébert en postface. Une édition en deux tomes qui nous permet de retrouver cette fameuse princesse qui reçut deux cœurs à la naissance : un féminin et un masculin, déjà une interrogation sur le genre. (Princesse Saphir, de Osamu Tezuka. Delcourt/Tonkam. 29,99€)

On reste dans le culte avec One Pièce, qui arrive tranquillement à sa 111ᵉ livraison en décembre. De quoi nous faire tourner la tête et propulser la série du Japonais Eiichiro Oda dans le top One du manga le plus lu et le plus connu sur la planète Terre et peut-être au-delà. Plusieurs centaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde, une grosse trentaine en France, un univers unique, un mélange d’aventure, de fantastique et d’humour, et un héros baptisé Lufy qui rêve de devenir le roi des pirates en trouvant le « One Piece », un fameux trésor. (One Piece tome 111, de Eiichiro Oda. Glénat. 7,20€)

On continue avec les rééditions et la série Rave. Dix-huit tomes sont attendus ; onze sont d’ores et déjà disponibles. Cette réédition en grand format, proposée en volumes doubles, permet de profiter pleinement du dessin de Hiro Mashima et de redécouvrir une aventure aux accents très Dragon Ball. L’histoire débute dans un monde au bord des ténèbres, cinquante ans après une guerre ayant opposé les Rave, pierres sacrées, aux Dark Bring, pierres maléfiques, et qui s’est soldée par la victoire des premières. Mais pour empêcher le retour des Dark Bring, un sauveur est nécessaire. Ce sera Haru, jeune garçon aux cheveux argentés, débrouillard et courageux, maniant une épée gigantesque et toujours accompagné de Plue, une étrange petite créature ressemblant à s’y méprendre à un bonhomme de neige. Ensemble, ils affrontent les Dark Bring et l’organisation criminelle Demon Card, dans un récit d’aventure généreux et dynamique. Rave marque la première grande série de l’auteur de Fairy Tail(Rave, tome 11, de Hiro Mashima. Glénat. 14,95€ le volume)

Autre réédition marquante : Printemps bleu de Taiyō Matsumoto. Profondément inspiré par la bande dessinée franco-belge, l’auteur de Gogo Monster, Amer Béton ou Frères de Japon, tous parus chez Delcourt/Tonkam, signe ici un recueil de sept nouvelles situées dans l’enceinte du lycée Kitano. Un décor en apparence banal, où le désœuvrement des adolescents se transforme en jeux dangereux, sous le regard absent d’adultes à la dérive. Matsumoto capte l’ennui, la violence sourde et les failles d’une jeunesse en quête de sens, avec une justesse toujours aussi dérangeante. (Printemps bleu de Taiyo Matsumoto. Delcourt/Tonkam. 19,99€)

Incontournable ! Sorti fin janvier, Requiem Chevalier Vampire s’impose comme une adaptation foncièrement réussie de la série de bande dessinée culte signée Pat Mills et Olivier Ledroit, qui compte à ce jour douze albums publiés entre 2000 et 2024 aux éditions Glénat. S’ils reprennent ici les codes du manga avec dextérité, Seban et Victor Santos conservent tout ce qui a fait le succès de la série, à savoir une dark fantasy à l’esthétique baroque et gothique époustouflante, un univers sombre, torturé et violent à souhait, peuplé de personnages tourmentés. Bienvenue sur Résurrection, ce monde où tout est inversé. Et comme le dirait un des personnages à ceux qui n’auraient pas encore craqué : « T’attends quoi ? Un carton d’invitation ? ». (Requiem chevalier vampire, tome 1, de Seban et Victor Santos, d’après l’oeuvre originale de Ledroit et Mills. Glénat. 7,90€)

Changement radical de décor et d’ambiance avec ce manga paru en octobre dernier. Mon Petit nid douillet figure parmi les lauréats du prix Kono Manga Ga Sugoi 2024, qui récompense les 20 meilleurs mangas parus dans l’année au Japon. La mangaka Chiaki Ida y propose cinq courtes histoires, autant d’invitations à pénétrer l’intimité d’appartements japonais résolument cosy. On y suit leurs occupants dans leur quotidien, leurs hobbies, leurs petits plaisirs, et notamment dans la préparation de leurs repas. Une lecture délicate et apaisante qui ravira les gourmets, et plus largement tous les amoureux de la culture japonaise. Le tout dans un élégant manga grand format de 128 pages couleur, imprimé sur un papier épais. (Mon Petit nid douillet, de Chiaki Ida. Soleil Manga. 14,95€)

Après Kiki la petite sorcière, Le Château dans le ciel ou encore Princesse Mononoké, c’est au tour de Pompoko de rejoindre la collection d’anime comics lancée par Glénat autour des œuvres du Studio Ghibli. Réalisé par Isao Takahata, sur une idée originale de Hayao Miyazaki, le film trouve ici une nouvelle vie sur papier. Figure majeure de l’animation japonaise, Isao Takahata a récemment fait l’objet d’une superbe exposition à la Maison de la Culture du Japon. Sorti au Japon en 1994, Pompoko n’est arrivé en France qu’en 2005. Militant pacifiste et écologiste, à l’image de Miyazaki, Takahata livre ici une charge douce-amère contre l’urbanisation galopante. L’action se déroule aux abords de Tokyo, où une communauté de tanukis voit son habitat naturel dévoré par les promoteurs immobiliers. Une fable engagée, drôle et toujours actuelle. (Pompoko, de Isao Takahata. Glénat. 15,50€)

« Il ne suffit pas d’être du côté des vainqueurs pour être heureux. » Celle qui prononce ces mots s’appelle Haru Sudô. Elle est japonaise. Celui à qui ils s’adressent se nomme Arthur Jirô Hashimoto, Américain d’origine japonaise, arrivé au Japon avec les forces alliées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il porte en lui le deuil de son frère, tombé sur le front italien. Depuis la capitulation, au cœur du chaos, chacun tente de survivre, de se reconstruire. Dans un pays exsangue, l’avenir reste incertain. Confrontée à un choix imposé — un mariage arrangé par son père ou la prostitution — Haru décide de tracer sa propre voie : épouser Arthur Jirô Hashimoto et le suivre aux États-Unis. À travers quatre personnages aux origines, aux identités et aux orientations sexuelles différentes, la mangaka Marina Lisa Komiya explore ces guerres invisibles que chacun porte en soi, dans un Japon encore meurtri, tiraillé entre traditions persistantes et aspirations à la modernité. Un manga en deux volumes porté par une grande pudeur dans le récit et une élégance dans le trait ! (Les Guerres invisibles, tome 2, de Marina Lisa Komiya. Casterman. 18€)

C’est une histoire d’épicier. Mais d’épicier épicé. Du genre qui ne vend pas que des légumes. Taro Sakamoto, c’est son nom. Léger embonpoint, moustache de papa, lunettes de myope : en apparence, rien d’impressionnant. Et pourtant, Sakamoto est un mythe. Une légende. Un ancien tueur à gages admiré par ses pairs, craint par tous les gangsters. Avant de raccrocher, de se marier, d’avoir un enfant et d’ouvrir une supérette, l’épicier avait le flingue facile. Une vie pépère, bien rangée, jusqu’au jour où Sin, jeune assassin télépathe, débarque dans son magasin et fait voler en éclats ce quotidien tranquille. Vous voulez de l’action ? Vous allez être servis. Sakamoto Days est un concentré d’énergie, un manga mené tambour battant, au rythme de parution effréné et à l’inventivité jamais prise en défaut. Le vingtième tome vient tout juste de sortir, et la série ne montre aucun signe d’essoufflement.  (Sakamoto Days tome 20, de Yuto Suzuki. Glénat. 7,20€)

Lancée en septembre 2023, la nouvelle édition du manga de Hiroaki Samura, L’Habitant de l’infini, s’est enrichie d’un onzième volume en janvier, avec un douzième attendu pour avril. Prévue en 15 volumes doubles, cette réédition offre l’opportunité de découvrir ou redécouvrir l’œuvre dans un format généreux et de retrouver Manji, le samouraï immortel, au cœur de combats de sabre tout à fait spectaculaires, sublimés par un graphisme réaliste brut plutôt musclé. Une œuvre incontournable ! (L’Habitant de l’infini, Immortal editions Tome 11, de Hiroaki Samura, Casterman. 13,95€)

Eric Guillaud

11 Sep

Le coin des mangas. Kiki la petite sorcière, Berserk, Dragon Ball, Le Dernier écho de notre existence, Dorohedoro All-Star Guide Book, Baby, Sakamoto Days, Tower Dungeon…

 

 On commence avec une valeur sûre, Kiki la petite sorcière, qui rejoint, sous plusieurs formats, la collection initiée par les éditions Glénat il y a quelques années maintenant autour de l’œuvre de Miyazaki. Véritable chef-d’œuvre de l’animation, Kiki la petite sorcière est sorti en 1989 juste après Mon Voisin Totoro et avant Porco Rosso, deux autres chefs-d’œuvre signés Miyazaki. L’histoire ? Kiki est une petite sorcière de 13 ans et comme le veut la coutume à son âge, elle doit quitter ses parents pour faire son apprentissage loin d’eux. Un soir de printemps, elle enfourche son balai, atterrit dans une grande ville du bord de mer où elle crée un service de livraison volant. Là, pendant des mois, elle découvre que la vie de sorcière n’est pas un long fleuve tranquille… Trois formats écrivais-je précédemment : un album illustré pour les plus jeunes (17,90€), un manga ou plus exactement un anime comics (15,50€) et un artbook, baptisé L’Art de Kiki la petite sorcière (24,90€) qui nous permet de découvrir les coulisses de la réalisation de l’anime, plus de 200 pages d’illustrations, de croquis, de secrets de conception, d’anecdotes de production et dans les dernières pages le script complet du film. Que demander de plus ? (Kiki la petite sorcière, de Miyazaki. Glénat)

On continue avec une réédition. Et pas n’importe laquelle, celle du cultissime manga de Kentaro Miura, Berserk. Cette nouvelle édition grand format, sous couverture rigide, bénéficie d’une traduction entièrement revue et propose des pages couleurs exclusives. L’occasion rêvée de redécouvrir ce chef-d’œuvre de dark fantasy dans les meilleures conditions. Plongée garantie dans un Moyen Âge plus sombre que jamais, aux côtés de Guts, mercenaire au bras artificiel et à l’épée titanesque, et de Puck, un elfe espiègle issu d’un peuple féerique. Tandis que l’un incarne la violence brute, l’autre en atténue les ténèbres. Le second volume sorti en juin réunit les tomes 3 et 4 de l’édition originale. Un troisième volume est annoncé pour novembre. Bienvenue en enfer ! (Berserk tome 2, de Kentaro Miura. Glénat. 24,90€)

Une autre série culte. Quarante ans d’existence, des millions et des millions d’albums vendus à travers la planète, des adaptations en films d’animation, en jeux, des produits dérivés comme s’il en pleuvait… et une nouvelle collection pour ce bijou du manga du sieur Akira Toriyama, une collection Full Color et grand format dont la publication a débuté en mai 2024. Cette nouvelle édition reprend les mêmes pages que l’édition traditionnelle (42 volumes)  mais est divisée en arcs scénaristiques. Le troisième volume du Roi démon Piccolo vient tout juste de sortir et un quatrième est annoncé pour le 19 novembre. (Dragon Ball Full Color, Le Roi démon Piccolo, tome 3, d’Akira Toriyama. Glénat. 14,95€ le volume)

Neuf mois, neuf petits mois et la Terre ne sera plus qu’un vague souvenir. Les autorités viennent de l’annoncer : une météorite géante se dirige tout droit sur notre planète à plus de 200 km/heure. Aucune technologie n’étant capable de détruire ou de détourner la météorite, c’est bien l’extinction définitive de l’espèce humaine qui est annoncée. Mais pour que chacun ait la possibilité de laisser une trace de son existence, le gouvernement japonais a créé Ginga Rocket, une organisation chargée de recueillir les messages et les photos de ceux qui le souhaitent et de les envoyer dans la Voie lactée. En attendant, la vie continue comme elle peut… Que feriez-vous si votre mort était programmée ainsi ? Quel message aimeriez-vous transmettre ? C’est toute la question que soulève ce manga en 2 tomes parus simultanément. (Le Dernier écho de notre existence, de Ohtagaki et Ohta. Delcourt / Moon Light. 8,50€ le volume)

Vous êtes un inconditionnel de la série Dorohedoro ? Fasciné par son univers lugubre et violent au graphisme des plus sombres ? Alors, le All-Star Guide Book est fait pour vous. Sur plus de 220 pages, l’ouvrage rassemble des fiches détaillées sur l’ensemble des personnages, des illustrations couleur inédites, des histoires exclusives signées Q-Hayashida et, puisque la gastronomie occupe une place essentielle dans le manga, une carte des délices allant des gyōzas au shizo aux tourtes aux pommes d’Asuka. (Dorohedoro All-Star Guide Book, de Q-Hayashida. Soleil Manga. 16,99€)

Abara, Blame 0, Biomega... Tsutomu Nihei s’est fait connaître au Japon et en Europe avec des récits SF sombres, désespérés, violents, oppressants, organiques, reconnaissables entre tous et récemment réédités dans une version Deluxe aux éditions Glénat. Il revient aujourd’hui avec un récit de fantasy, Tower Dungeon, graphiquement un peu moins torturé mais toujours aussi percutant et efficace. Au cœur de l’histoire, une princesse, enlevée par un nécromancien maléfique et enfermée dans la tour des dragons. Pour la libérer, la garde royale va devoir affronter quelques délicieux monstres. Le second volet vient de sortir. (Tower Dungeon, tome 2, de Tsutomu Nihei. Glénat. 7,90€)

Publié initialement en trois volumes entre 2016 et 2017, le manga Hunt fait son grand retour dans nos librairies avec une édition intégrale sublimée par une couverture inédite arborant une imposante tête de loup. Un choix tout sauf anodin, puisque l’histoire s’inspire directement du célèbre jeu de société Les Loups-Garous. On y suit Airi Nishina, une lycéenne enlevée un soir en rentrant chez elle. Enfermée avec d’autres élèves, elle est contrainte de participer à une version mortelle du jeu. À la clé : 100 millions de yens… ou la mort ! (Hunt, complete edition, de Koudo et Kawakami. Soleil Manga.19,99€)

On continue avec les rééditions et la série Rave. Dix-huit tomes attendus, neuf sont d’ores et déjà disponibles, un dixième, attendu pour novembre, une réédition en grand format et en volumes doubles, de quoi profiter pleinement du dessin de Hiro Mashima et de cette histoire à la Dragon Ball qui débute dans un monde sur le point de basculer dans les ténèbres, cinquante ans après une guerre qui a opposé les Rave, les pierres sacrées, aux Dark Bring, les pierres maléfiques et vu la victoire des Rave. Pour éviter que les Dark Bring reprennent le dessus, il faut un sauveur, ce sera Haru, un jeune garçon aux cheveux argentés plein de ressources, doté d’une épée gigantesque et toujours accompagné de Plue, un petit animal qui ressemble étrangement à un bonhomme de neige. Ensemble, ils vont lutter contre les Dark Bring et l’organisation criminelle Demon Card. La première grande série de l’auteur de Fairy Tail ! ( Rave, tome 9, de Hiro Mashima. Glénat. 14,95€ le volume)

C’est une histoire d’épicier. Mais d’épicier épicé. Du genre qui ne vend pas que des légumes. Taro Sakamoto, c’est son nom, a beau avoir un léger embonpoint, une moustache à la papa, des lunettes de myope, il est à lui seul un mythe, une légende, un ex-tueur admiré de tous ces congénères, craint par tous les gangsters. Oui, Sakamoto l’épicier avait le flingue facile avant de raccrocher, de se marier, d’avoir un enfant et de s’installer comme épicier. Une vie pépère jusqu’au jour où le jeune assassin télépathe Sin débarque dans la supérette. Vous voulez de l’action ? Alors, vous en aurez, Sakamoto Days est un concentré d’énergie au rythme de parution effréné. Le tome 18 vient de sortir. (Sakamoto Days tome 18, de Yuto Suzuki. Glénat. 7,20€)

Si vous aimez les mutants et les créatures mécaniques, vous allez être servi avec cette première œuvre de Chang Sheng (également auteur de Yan), une trilogie dont le troisième tome vient de sortir. Au cœur du récit, on suit Elisa, l’une des rares humaines rescapées de l’apocalypse, qui survit dans un Taïwan en fin de vie, aux rues délabrées, et envahi par un parasite inconnu, Baby, qui transforme les êtes humains en monstres mécaniques. L’humanité est proche de l’extinction. Elisa, elle-même, est attaquée par un mutant. Un Baby réussi à s’introduire dans sa main gauche mais elle échappe à la mort et compte bien trouver l’origine de ce parasite. Un univers futuriste des plus noirs, une héroïne attachante et forte de caractère, un graphisme limpide et dynamique… une très belle série. (Baby tome 3, de Chang Sheng. Glénat. 14,95€)

Eric Guillaud 

11 Juin

Hellsing, Berserk, Les Années douces, Au temps de Botchan, Chi, Sorcières… Le Coin des mangas

Bientôt les vacances, du temps pour bouquiner, alors c’est le moment de rassembler vos prochaines lectures. On vous y aide avec cette sélection de mangas en tout genre…

On commence avec la réédition très attendue du manga Hellsing en version Perfect, un format plus grand, une belle couverture rigide et deux volumes réunis pour le plus grand plaisir des amoureux du Mangaka Khota Hirano dont le trait incisif et l’énergie brute ont fait la réputation. Hellsing est une œuvre sombre et brutale pour public averti comme il l’est précisé sur la quatrième de couverture, mettant en scène un vampire surpuissant à la solde d’une organisation secrète en guerre contre les forces du mal en Angleterre. (Hellsing, édition perfect tome 1, de Khota Hirano. Delcourt / Tonkam. 15,99€)

Attention, série culte. Quarante ans d’existence, des millions et des millions d’albums vendus à travers la planète, des adaptations en films d’animation, en jeux, des produits dérivés comme s’il en pleuvait… et une nouvelle collection pour ce bijou du manga du sieur Akira Toriyama, une collection Full Color et grand format dont la publication a débuté en mai 2024. Cette nouvelle édition reprend les mêmes pages que l’édition traditionnelle (42 volumes)  mais est divisée en arcs scénaristiques. Ce premier volume du Roi démon Piccolo fait suite aux huit volumes de L’Enfance de Goku. De quoi retrouver Goku en quête de ses sept boules de cristal, les fameuses Dragon Balls… (Dragon Ball Full Color, Le Roi démon Piccolo. tome 1, d’Akira Toriyama. Glénat. 14,95€ le volume)

Une autre série culte, One Pièce, est arrivée tranquillement à sa 109ᵉ livraison en avril. De quoi nous faire tourner la tête et propulser la série du Japonais Eiichiro Oda dans le top One du manga le plus lu et le plus connu sur la planète Terre et peut-être au-delà. Plusieurs centaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde, une grosse trentaine en France, un univers unique, un mélange d’aventure, de fantastique et d’humour, et un héros baptisé Lufy qui rêve de devenir le roi des pirates en trouvant le « One Piece », un fameux trésor. (One Piece tome 109, de Eiichiro Oda. Glénat. 7,20€)

On reste dans l’univers de la série One Piece avec Dragon, un superbe ouvrage de près de 200 pages rassemblant des illustrations couleurs grand format avec, en bonus, trois dépliants et une rencontre croisée entre Gosho Aoyama, l’auteur de Détective Conan, et Eiichiro Odao lui-même. Dans un échange libre et passionné, les deux auteurs reviennent sur leurs séries respectives, leur style, leurs adaptations cinéma, le succès… (Dragon, One Piece Color walk tome 10, de Eiichiro Oda. Glénat. 25,50€)

C’est l’un des auteurs de mangas les plus connus et les plus appréciés en Europe. Avec L’homme qui marche, Le Journal de mon père, Quartier lointain, Enemigo, Furari, Le Gourmet solitaire ou encore Les Années douces, Jirô Taniguchi a élaboré une œuvre personnelle, sensible et profondément humaniste, largement influencée par la bande dessinée européenne. Dans Au Temps de Botchan, dont le troisième volet est sorti en avril, le Mangaka met en images avec ce trait fin, délicat et poétique qui le caractérise un scénario de Natsuo Sekikawa. Cap sur le Japon du début du XXe siècle pour une fresque autant historique que littéraire. (Au temps de Botchan, tome 3, de Taniguchi et Sekikawa. Casterman. 22€)

Et si, décidément, vous êtes un inconditionnel de Taniguchi, ne manquez pas la nouvelle édition des Années douces, désormais proposée dans son sens de lecture original. Cette adaptation sensible du roman de Hiromi Kawakami aborde la thématique de la rencontre amoureuse. Tsukiko, trentenaire célibataire, croise un soir dans un petit restaurant un de ses anciens professeurs de lycée. Au fil des rencontres, elle et lui finissent par s’apprivoiser et laisser parler leurs sentiments… (Les Années douces, de Jirô Taniguchi, d’après le roman de Hiromi Kawakami. Casterman. 24€)

Abara, Blame 0, Biomega... Tsutomu Nihei s’est fait connaître au Japon et en Europe avec des récits SF sombres, désespérés, violents, oppressants, organiques, reconnaissables entre tous et récemment réédités dans une version Deluxe aux éditions Glénat. Il revient aujourd’hui avec le 1ᵉʳ volet d’un récit de fantasy, Tower Dungeon, graphiquement un peu moins torturé mais toujours aussi percutant et efficace. Au cœur de l’histoire, une princesse, enlevée par un nécromancien maléfique et enfermée dans la tour des dragons. Pour la libérer, la garde royale va devoir affronter quelques délicieux monstres. (Tower Dungeon, tome 1, de Tsutomu Nihei. Glénat. 7,90€)

« Il ne suffit pas d’être du côté des vainqueurs pour être heureux. » Celle qui prononce ces mots s’appelle Haru Sudô. Elle est japonaise. Celui à qui ils s’adressent se nomme Arthur Jirô Hashimoto, un Américain d’origine japonaise arrivé au Japon avec les forces alliées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il porte en lui le deuil de son frère, tombé sur le front italien. Depuis la capitulation, au cœur du chaos, chacun cherche à survivre, à se reconstruire. Face à un avenir incertain, entre un mariage arrangé par son père ou la prostitution, Haru choisit sa propre voie : épouser Athur Jirô Hashimoto et le suivre aux États-Unis…. À travers quatre personnages, aux origines, aux identités et aux orientations sexuelles différentes, la mangaka Marina Lisa Komiya explore ces guerres invisibles que chacun porte en soi dans un Japon encore meurtri et balloté entre la tradition et la modernité. (Les Guerres invisibles, de Marina Lisa Komiya. Casterman. 18€)

Plus d’un million d’albums vendus, des aventures publiées dans une quinzaine de pays à travers le monde, des adaptations en livres jeunesse, en romans, en dessins animés et des produits dérivés en pagaille, Chi est le chaton le plus connu de la planète BD made in Japan. Et le revoici pour un one-shot signé Konami Kanata pour le scénario et Catherine Bouvier pour le dessin, un one-shot qui nous entraîne sur le sol français et plus précisément à Paris où toute la famille s’est installée. De quoi offrir à Chi un nouveau terrain magique ! (Chi, Une vie de chat en France, de Kanata et Bouvier. Glénat. 9,50€)

La première grande série de l’auteur de Fairy Tail rééditée. Il s’agit de Rave, dix-huit tomes attendus, 7 d’ores et déjà disponibles, une réédition en grand format et volumes doubles, de quoi profiter pleinement du dessin de Hiro Mashima et de cette histoire à la Dragon Ball qui débute dans un monde sur le point de basculer dans les ténèbres, cinquante ans après une guerre qui a opposé les Rave, les pierres sacrées, aux Dark Bring, les pierres maléfiques et vu la victoire des Rave. Pour éviter que les Dark Bring reprennent le dessus, il faut un sauveur, ce sera Haru, un jeune garçon aux cheveux argentés plein de ressources, doté d’une épée gigantesque et toujours accompagné de Plue, un petit animal qui ressemble étrangement à un bonhomme de neige. Ensemble, ils vont lutter contre les Dark Bring et l’organisation criminelle Demon Card. (Rave tome 7, de Hiro Mashima. Glénat. 14,95€ le volume)

Initialement publiée aux éditions Casterman en 2006 / 2007, mais depuis longtemps indisponible, la série culte de Daisuke Igarashi fait son grand retour sous le label Moon Light des éditions Delcourt, qui accueille déjà dans son catalogue Petite Forêt et Les Enfants de la mer du même auteur. Avec son approche graphique poétique d’une grande richesse et d’une minutie sans pareil, le Mangaka nous embarque pour un voyage au pays des sorcières en deux volumes et six récits distincts. De quoi décrouvrir le monde de la sorcellerie sous un autre œil ! (Sorcières, de Daisuke Igarashi. Delcourt / Tonkam. 15,99€)

Vous rêviez d’un monde meilleur ? Le mangaka Poroyama Aki nous propose tout le contraire avec Stardust Family. Imaginez une société où l’acte de procréer serait soumis à un examen, comme la conduite auto par exemple. Okaji Sho et son épouse, Okaji Yuna, viennent justement de le passer avec succès après qu’un enfant leur a été prêté par l’administration, à charge pour lui de tester les postulants parents. Mais qui sont ces enfants testeurs ? D’où viennent-ils ? Leur froideur, leur manque d’empathie inquiètent… (Stardust Family, de Poroyama Aki. Vega. 8,35€)

C’est une histoire d’épicier. Mais d’épicier épicé. Du genre qui ne vend pas que des légumes. Taro Sakamoto, c’est son nom, a beau avoir un léger embonpoint, une moustache à la papa, des lunettes de myope, il est à lui seul un mythe, une légende, un ex-tueur admiré de tous ces congénères, craint par tous les gangsters. Oui, Sakamoto l’épicier avait le flingue facile avant de raccrocher, de se marier, d’avoir un enfant et de s’installer comme épicier. Une vie pépère jusqu’au jour où le jeune assassin télépathe Sin débarque dans la supérette. Vous voulez de l’action ? Alors, vous en aurez, Sakamoto Days est un concentré d’énergie au rythme de parution effréné. Le tome 17 est sorti en avril. (Sakamoto Days tome 17, de Yuto Suzuki. Glénat. 7,20€)

On termine comme on a commencé : avec une réédition. Et pas n’importe laquelle — celle du cultissime manga de Kentaro Miura, Berserk. Cette nouvelle édition grand format, sous couverture rigide, bénéficie d’une traduction entièrement revue et propose des pages couleurs exclusives. L’occasion rêvée de redécouvrir ce chef-d’œuvre de dark fantasy dans les meilleures conditions. Plongée garantie dans un Moyen Âge plus sombre que jamais, aux côtés de Guts, mercenaire au bras artificiel et à l’épée titanesque, et de Puck, un elfe espiègle issu d’un peuple féerique. Tandis que l’un incarne la violence brute, l’autre en atténue les ténèbres. Bienvenue en enfer. (Berserk, de Kentaro Miura. Glénat. 24,90€)

Eric Guillaud

11 Fév

Vacances d’hiver : 12 mangas à lire sur les skis ou dans un lit

Vacances, on oublie tout… ou presque ! On n’oublie pas de lire, et pourquoi pas de lire des mangas. Vous n’y connaissez rien mais vous êtes un brin curieux, alors voici une petite sélection de nouveautés rien que pour vous…

Attention, pépite ! L’œuvre culte de Taiyô Matsumoto, Frères du Japon, fait son grand retour dans le catalogue Delcourt / Tonkam avec une édition prestige qui devrait ravir les amoureux des univers poétiques et oniriques du Mangaka. Ce recueil est composé de neuf nouvelles, neuf histoires singulières où se mêlent réalisme et imaginaire. Il y explore ses thèmes fétiches, notamment l’enfance, la folie et la mort, avec un graphisme époustouflant, immédiatement reconnaissable par ses influences européennes à chercher notamment du côté de Moebius. Un trait racé, des planches à la composition parfaite, un noir et blanc à tomber par terre et des personnages qui nous embarquent dans leur histoire, Frères du Japon prouve si besoin est l’immense talent de Matsumoto. (Frères du Japon, de Taiyô Matsumoto. Delcourt Tonkam. 19,99€)

Comme nous l’avons vu avec Taiyô Matsumoto, certains auteurs japonais s’inspirent de la bande dessinée européenne, tandis qu’à l’inverse, des auteurs européens puisent leur inspiration dans le manga. C’est le cas d’Ariane Astier, qui signe avec Moody Rouge son premier livre, un manga qui conserve néanmoins un sens de lecture occidental. Côté histoire, Moody Rouge s’inscrit, nous dit l’éditeur, dans la filiation des mangas horrifiques de Naoki Urasawa avec pour personnage un enfant adopté, Ben, qui décide de partir à la recherche de sa famille biologique et tombe sur un secret de famille qui va bouleverser sa vie. (Moody Rouge, d’Ariane Astier. Casterman. 18€)

Le 109e tome de One Piece, la série culte d’Eiichiro Oda, est annoncé pour début avril aux éditions Glénat. En attendant, vous pouvez toujours vous replonger dans son univers avec le magazine qui lui est entièrement consacré. Le tome 14 vient de sortir avec au sommaire un énorme dossier sur les rivaux de Luffy qui l’ont poussé à se surpasser et à devenir le roi des pirates, un manga signé Boichi, une interview de Pone-piglyphe, des illustrations en pagaille… (One Piece magazine, tome 14. Glénat. 19,90€)

Plus de quarante ans d’existence, autant de volumes publiés, plus de 330 millions d’exemplaires écoulés, ce qui en fait le deuxième manga le plus vendu au monde derrière One Pièce!… Bref, Dragon Ball méritait bien son guide officiel et c’est chose faite depuis 2021 avec Dragon Ball – Le super livre qui vient de s’enrichir d’un quatrième volume en décembre dernier avec au menu LE dictionnaire de la série. Personnages, techniques, lieux, objets… tout y est répertorié et classé avec pour commencer un tableau chronologique du monde de Dragon Ball. Une bible pour les fans ! (Dragon Ball – Le Super livre tome 4, de Akira Toriyama. Glénat. 32€)

On reste dans l’univers de Dragon Ball avec la parution du septième volume de la collection Full Color grand format, dont la publication a débuté en mai 2024. Sept tomes en moins d’un an : une cadence impressionnante pour une édition somptueuse qui ravira aussi bien les fans de la première heure que les nouveaux convertis. (Dragon Ball Full Color tome 7, d’Akira Toriyama. Glénat. 14,95€ le volume)

Changement radical d’ambiance graphique avec cette nouvelle édition du cultissime Dorohedoro de la Mangaka Q-Hayashida que vous avez peut-être découvert avec la série Dai Dark en cours de publication aux mêmes éditions Soleil. Dans un univers post-apocalyptique, le personnage principal à tête de reptile, Caiman, navigue entre la cité-décharge des humains et le monde des mages dans une quête acharnée pour retrouver son identité perdue. Une histoire joliment gore passée à la moulinette de l’humour noir serré ! (Dorohedoro, Chaos édition, de Q-Hayashida. Soleil Manga. 19,99€)

Lancée en septembre 2023, la nouvelle édition du manga de Hiroaki Samura, L’Habitant de l’infini, s’est enrichie d’un septième volume en janvier dernier, avec un huitième attendu pour avril. Prévue en 15 volumes doubles, cette réédition offre l’opportunité de découvrir ou redécouvrir l’œuvre dans un format généreux et de retrouver Manji, le samouraï immortel, au cœur de combats de sabre tout à fait spectaculaires, sublimés par un graphisme réaliste brut saisissant. Une œuvre incontournable ! (L’Habitant de l’infini, Immortal editions Tome 7, de Hiroaki Samura, Casterman. 13,95€)

Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité ! Telle était la promesse, mais elle ne se réalisera pas. Alors que la paix entre la Terre et ses colonies semblait sur le point d’être signée, un attentat frappe la station Laplace, où se tient une cérémonie officielle. Le Premier ministre terrien est tué en plein discours, et le conflit millénaire repart de plus belle. Une histoire palpitante pour les passionnés de science-fiction, de vaisseaux spatiaux et de robots emmenée par le mangaka Kozo Ohmori sur un scénario de Harutoshi Fukui ! (Mobile suit Gundam Unicorn, 2 tomes parus, de Fukui et Omori. Vega. 15,50€)

On continue avec les rééditions et la série Rave. Dix-huit tomes attendus, 5 sont d’ores et déjà disponibles, une réédition en grand format et volumes doubles, de quoi profiter pleinement du dessin de Hiro Mashima et de cette histoire à la Dragon Ball qui débute dans un monde sur le point de basculer dans les ténèbres, cinquante ans après une guerre qui a opposé les Rave, les pierres sacrées, aux Dark Bring, les pierres maléfiques et vu la victoire des Rave. Pour éviter que les Dark Bring reprennent le dessus, il faut un sauveur, ce sera Haru, un jeune garçon aux cheveux argentés plein de ressources, doté d’une épée gigantesque et toujours accompagné de Plue, un petit animal qui ressemble étrangement à un bonhomme de neige. Ensemble, ils vont lutter contre les Dark Bring et l’organisation criminelle Demon Card. La première grande série de l’auteur de Fairy Tail ! (Rave tome 5, de Hiro Mashima. Glénat. 14,95€ le volume)

C’est une histoire d’épicier. Mais d’épicier épicé. Du genre qui ne vend pas que des légumes. Taro Sakamoto, c’est son nom, a beau avoir un léger embonpoint, une moustache à la papa, des lunettes de myope, il est à lui seul un mythe, une légende, un ex-tueur admiré de tous ses congénères, craint par tous les gangsters. Oui, Sakamoto l’épicier avait le flingue facile avant de raccrocher, de se marier, d’avoir un enfant et de s’installer comme épicier. Une vie pépère jusqu’au jour où le jeune assassin télépathe Sin débarque dans la supérette. Vous voulez de l’action ? Alors vous en aurez, Sakamoto Days est un concentré d’énergie au rythme de parution effréné. Le tome 16 est sorti en ce mois de janvier et six épisodes sont d’ores déjà disponibles sur Netflix. (Sakamoto Days tome 16, de Yuto Suzuki. Glénat. 7,20€) 

Et si l’économie devait penser l’humain avant de penser l’argent. C’est en tout cas ce qu’enseigne le professeur d’économie Yohei Kamo. Un doux dingue pour certains, un génie pour d’autres, un gars qui va en tout cas jusqu’au bout de ses idées, n’hésitant pas à s’installer dans la rue pour se mettre dans les conditions d’un exclu. C’est d’ailleurs là que Nisaki Natori, étudiante en deuxième année d’économie, le rencontre. Mais c’est dans son bureau, à l’université, qu’elle recevra un cours dont elle risque bien de se souvenir toute sa vie avec des théories révolutionnaires qui pourraient signer la fin du système. Pour tous ceux qui rêvent d’un autre monde ! (La fin du système tome 1, de Shinobu Kaitani. Delcourt / Tonkam. 8,50€)

Inspiré du titre d’une chanson du groupe de rock japonais RC Succession, « Sing Yesterday for Me » raconte l’histoire d’Uozumi, un jeune homme sans réelle ambition, se décrivant lui-même comme un marginal. Fraîchement diplômé de l’université, il travaille dans une supérette pour subvenir à ses besoins. Côté cœur, Uozumi est tiraillé entre Haru, une mystérieuse jeune femme toujours accompagnée d’un corbeau, et Shinako, une ancienne camarade de l’université. Une histoire d’amour avec un supplément d’âme. (Sing Yesterday for me, de Kei Toume. Moon Light. 8,50€)

Eric Guillaud

10 Oct

Vacances de la Toussaint : 12 mangas pour les jours de pluie

Bientôt les vacances, du temps pour bouquiner, alors c’est le moment de rassembler ses prochaines lectures. On vous aide avec cette sélection de mangas en tout genre…

On commence avec le retour d’une série culte, que dis-je LA série culte, je veux bien évidemment parler de Dragon Ball du sieur Akira Toriyama. Quarante ans d’existence, des millions et des millions d’albums vendus à travers la planète, des adaptations en films d’animation, en jeux, des produits dérivés comme s’il en pleuvait… et une nouvelle collection pour ce bijou du manga, une collection Full Color et grand format dont la publication a débuté en mai de cette année. Cinq volumes ont paru à ce jour et un petit sixième est annoncé pour novembre, de quoi retrouver Goku en quête de ses sept boules de cristal, les fameuses Dragon Balls… (Dragon Ball Full Color, d’Akira Toriyama. Glénat. 14,95€ le volume)

Vous adorez Dragon Ball ? Alors, forcément, vous adorerez Sand Land, un one shot signé du même auteur, Akira Toriyama, réédité ces jours-ci en grand format, assorti de pages couleurs et d’un dossier sur la réalisation de cette histoire à la Mad Max, avec son désert, ses véhicules improbables, ses poursuites infernales et ses monstres. Il faut dire que la guerre est passée par là, a transformé la Terre en une planète aride où l’eau est désormais une ressource extrêmement rare. Suffisamment pour que Beelzebub, le prince des démons, s’attaque aux convois d’eau. Jusqu’au jour où il entend parler d’une oasis légendaire… (Sand Land, d’Akira Toriyama. Glénat. 13,25€)

On continue avec les rééditions et la série Rave. Dix-huit tomes attendus, 4 sont d’ores et déjà disponibles, une réédition en grand format et volumes doubles, de quoi profiter pleinement du dessin de Hiro Mashima et de cette histoire à la Dragon Ball qui débute dans un monde sur le point de basculer dans les ténèbres, cinquante ans après une guerre qui a opposé les Rave, les pierres sacrées, aux Dark Bring, les pierres maléfiques et vu la victoire des Rave. Pour éviter que les Dark Bring reprennent le dessus, il faut un sauveur, ce sera Haru, un jeune garçon aux cheveux argentés plein de ressources, doté d’une épée gigantesque et toujours accompagné de Plue, un petit animal qui ressemble étrangement à un bonhomme de neige. Ensemble, ils vont lutter contre les Dark Bring et l’organisation criminelle Demon Card. La première grande série de l’auteur de Fairy Tail ! (Rave, de Hiro Mashima. Glénat. 14,95€ le volume)

Pour tous les amoureux et toutes les amoureuses de la série Fruits Basket, les éditions Delcourt ont peaufiné un petit coffret réunissant trois livrets consacrés à l’anime, un par saison, avec quantité d’illustrations, de commentaires et d’annotations de l’autrice. L’occasion pour se replonger ou même découvrir cet univers qui a su trouver son public parmi les jeunes adultes. Vingt-trois volumes aux éditions Delcourt. Trois saisons en anime. (Fruits Basket Anime, de Natsuki Takaya. Delcourt / Tonkam. 13,99€)

Dans un futur pas si lointain, la Terre n’est plus qu’un vaste champ de ruines, l’espèce humaine a quasi disparu après l’apparition soudaine de nouvelles formes de vie aux miasmes fatals. Dans ce décor apocalyptique, la jeune Saya est chargée de retrouver d’éventuels survivants et de décontaminer les zones visitées. À ce stade, elle a rempli 0,002 % de sa mission et sans rencontrer âme qui vive, uniquement des cadavres aux corps déformés par un virus baptisé le mal cristallin. Comment l’humanité en est-elle arrivée là ? Quel avenir pour Saya ? Est-elle l’unique survivante ? Dans ce premier volet de Mission in the Apocalypse, qui est aussi une première œuvre, l’auteur Haruo Iwamune use d’un certain talent graphique pour installer son intrigue, les paysages post-apocalyptiques, notamment les décors de villes en ruine sont absolument fantastiques, on regrettera juste le manque de profondeur du personnage principal. (Mission in the Apocalypse, de Haruo Iwamune. Moon Light / Delcourt. 8,50€)

Vous aimez l’univers tentaculaire de Jojo’s Bizarre Adventure, alors vous allez être royalement servis ! Après les romans The Book en juin et Over Heaven en septembre, le troisième volet du manga The Jojolands en septembre, les éditions Delcourt lancent en octobre le premier numéro du magazine consacré à l’œuvre de Hirohiko Araki, Jojo Magazine, avec au sommaire : un focus sur la série animée, des interviews, des illustrations en pagaille… plus de 230 pages bien fournies qui vous permettront de tout savoir sur cette série qui atteint cette année l’âge respectable de 37 ans, avec 135 volumes au compteur et des millions d’exemplaires vendus à travers le monde ! (Jojo’s Bizarre Adventure, de Hirohiko Araki. Delcourt / Tonkam. Jojo Magazine, 29,99€, The Book, 15,50€, Over heaven, 15,50€, The Jojolands 3, 7,29€).

Cette série-là aussi a son propre magazine, preuve s’il en est besoin du succès qu’elle remporte à travers la planète manga. One Pièce, un 108ᵉ épisode en ce mois d’octobre. De quoi nous faire tourner la tête et propulser la série du Japonais Eiichiro Oda dans le top One du manga le plus lu et le plus connu sur la planète Terre et peut-être au-delà. Plusieurs centaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde, une quarantaine de millions sur le seul territoire français, un univers unique, un mélange d’aventure, de fantastique et d’humour, et un héros baptisé Lufy qui rêve de devenir le roi des pirates en trouvant le fameux trésor baptisé One Piece. (One Pièce tome 108, de Eiichiro Oda, Glénat. 7,20€ / One Piece Magazine 13 volumes, 19,90€ le volume)

Ce manga est sorti il y a plusieurs semaines maintenant, au mois de mai pour être précis, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et découvrir une petite douceur pleine de poésie et de gastronomie. Petite Forêt, c’est son nom, raconte l’histoire d’une jeune femme, Ichiko, revenue vivre dans son petit village au nord du Japon, après une histoire d’amour avortée. Elle y retrouve les plaisirs simples, notamment la nature et la cuisine faite avec des produits locaux. Page après page, cette édition double d’un diptyque paru en 2008 et depuis longtemps indisponible, nous invite dans le quotidien de l’héroïne, dans son histoire, avec à la clé une multitude de recettes depuis la sauce Worcester jusqu’au cake de Noël, en passant par le pain à la pomme de terre ou la pâte de haricots rouges. De quoi sérieusement nous ouvrir l’appétit. !(Petite Forêt, Intégrale, de Daisuke Igarashi. Moon Light / Delcourt. 15,99€)

On continue dans l’esprit culinaire avec What did you eat yesterday, une série référence au Japon publiée depuis 2007 (21 tomes à ce jour et plus de 10 millions d’exemplaires écoulés) et adaptée en film, série télévisée et livre de cuisine. Au centre de tout, deux personnages qui forment un couple gay, Shirô Kakei, avocat, et Kenji Kabuki, coiffeur, deux caractères opposés mais qui se retrouvent autour de la cuisine. Entre recettes et instantanés de vie, les deux protagonistes nous font découvrir la culture japonaise. Aux manettes, une autrice multiprimée. What did you eat yesterday a notamment remporté le prix Kodansha Award du meilleur manga en 2019. Le premier tome est sorti en janvier en France, le quatrième est attendu en octobre. (What did you eat yesterday tome 4, de Fumi Yoshinaga. Soleil Manga. 15,99€)

Le premier tome de Yan nous avait surpris ! Une couverture rose et fleurie, une scène d’ouverture mettant en scène une protagoniste revêtue d’un costume traditionnel, une chanson, quelques pas de danse et… Bang ! Un homme s’écroule, tué d’une balle dans la tête. Derrière le révolver et dans le costume traditionnel : Yan Thehua, unique rescapée du massacre d’une troupe familiale de l’Opéra de Pékin trente ans auparavant. On l’avait à l’époque accusée, elle fut incarcérée durant de longues années dans un centre de recherches. Mais l’heure de la vengeance a semble-t-il sonné. En trois volumes flirtant avec la culture pop et la culture traditionnelle, l’auteur taïwanais Chang Sheng nous offre ici un récit d’action ultra-dynamique au graphisme réaliste de caractère. (Yan, de Chang Sheng. 3 tomes. Glénat. 14,95€ le volume)

Après 31 tomes et une publication étalée sur 6 ans en France, la série Tokyo Revengers est arrivée à son terme en juillet dernier. Pour marquer le coup et en attendant la publication prochaine, nous dit-on, de spin-offs, les éditions Glénat ont sorti deux volumes de Tokyo Revengers – Side Stories, des recueils d’histoires courtes tout en couleurs. De quoi se replonger à l’infini dans l’univers imaginé par celui qu’on présente comme le maître des furyô, ces mangas explorant l’univers des racailles. (Tokyo Revengers – Side Stories tomes 1 et 2, de Ken Wakui. Glénat. 9,50€ le volume)

Peut-être avez-vous eu la chance comme moi de parcourir l’exposition consacrée à Hiroaki Samura au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême 2024 et de rester totalement abasourdis devant la beauté des planches, la finesse et la précision du trait, les superbes couleurs et la poésie qui se dégage de l’ensemble. Si la publication de la série phare de l’auteur, L’Habitant de l’infini, est arrivée à son terme (30 volumes), la magie se poursuit un peu dans L’Habitant de l’infini Bakumatsu, une série réalisée par deux jeunes créateurs mais sous la supervision du maître. Un cinquième volet est sorti en juillet, un sixième est d’ores et déjà annoncé. Pour les amoureux des mangas d’épée ! (L’Habitant de l’infini Bakumatsu, de Renji Takigawa, Ryu Suenobu et Hiroaki Samura. Casterman. 9,45€)

Eric Guillaud

12 Mar

Le coin des mangas : quinze titres à dévorer au fond du lit en attendant le printemps

On commence avec le troisième et dernier volet de Biomega du génial Tsutomu Nihei, paru il y a maintenant quatre mois mais totalement incontournable. Près de 1200 pages au final et une sacrée claque visuelle grâce à ce graphisme si singulier du mangaka, un immense fan, et ça se sent, du créateur des décors et monstres d’Alien, H.R. Giger. L’homme s’est fait connaître au Japon et en Europe avec des récits SF sombres, désespérés, violents, oppressants, organiques, reconnaissables entre tous. Après Abara et Blame 0, c’est donc au tour de Biomega de bénéficier d’une réédition Deluxe, de quoi profiter pleinement du génie de Nihei et de se téléporter en 3005, carrément, pour une histoire mêlant exploration spatiale et contamination virale. Le poids des mots, le choc des images ! (Biomega deluxe, de Tsutomu Nihei. Glénat. 14,95€ le volume)

Série toute aussi incontournable, One Piece s’est enrichie d’un 106ᵉ épisode en décembre, un 107ᵉ est attendu pour avril. De quoi nous faire tourner la tête et propulser la série du Japonais Eiichiro Oda dans le top One du manga le plus lu et le plus connu sur la planète Terre et peut-être au-delà. Plusieurs centaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde, une quarantaine de millions sur le seul territoire français, un univers unique, un mélange d’aventure, de fantastique et d’humour, et un héros baptisé Lufy qui rêve de devenir le roi des pirates en trouvant le fameux trésor baptisé One Piece. (One Piece tome 106, d’Eiichiro Oda. Glénat. 6,99€)

On reste dans le même univers avec un anime comics en deux tomes tout juste sortis des presses. One Piece Film – Red, tel est son nom, permet de retrouver les plus belles scènes du film musical éponyme sorti en 2022, l’une des meilleures adaptations de One Piece au cinéma, me dit-on dans l’oreillette. En tout cas une belle façon de découvrir ou redécouvrir l’univers foisonnant d’Eiichiro Oda, ici en couleurs. Et qui dit film musical dit musique. Notre héros international Luffy, accompagné de son équipage, débarque sur l’île d’Élégia pour assister au premier concert de la chanteuse Uta, fille du pirate Shanks Le Roux et amie d’enfance de Luffy. Surprise… la jeune femme prône une « nouvelle ère » sans pirates. (One Piece Red, d’Eiichiro Oda. Glénat. 9,60€ le volume)

Le Bateau-usine de Shinjirô et Shigemitsu Harada est un récit de science-fiction qui nous embarque pour un futur lointain où toutes les mers se sont évaporées, faisant de notre belle planète bleue une planète noire et aride. Les créatures marines se sont adaptées en se déplaçant dorénavant au gré des courants atmosphériques. C’est donc dans le ciel que le bateau-usine navigue pour pêcher des crabes géants. À son bord s’activent pour une misère des ouvriers endettés, des criminels et des gamins orphelins vendus à la compagnie comme Luca et Shû qui ne rêvent que d’une chose : gagner assez d’argent pour acheter leur liberté. Mais ce n’est pas gagné…  (Le Bateau-usine tome 3, de Shinjirô et Shigemitsu Harada. Vega – Dupuis. 8,35€)

Vous avez aimé ReRe : Hello! de Yoko Minami ? Alors, vous devriez aimer 360° Material de la même autrice. Les quatre volumes de la série seront disponibles simultanément aux éditions Delcourt / Tonkam le 13 mars. À l’unité ou en coffret, à vous de choisir pour plonger dans cette histoire d’amour qui commence sur un quai de gare. Mio Ôtaka, lycéenne ordinaire, évite à un jeune garçon, Takin, absorbé dans ses pensées, de finir sous un train. De cet acte de courage nait une amitié entre les deux personnages, une amitié qui se transformera en amour… Une romance au dessin léger comme l’air ! (360° Material, de Yoko Minami. Delcourt / Tonkam. 7,99€ le volume)

Peut-être n’avez-vous pas fait partie des chanceux qui ont pu parcourir la formidable exposition consacrée à Hiroaki Samura lors de la dernière édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême mais pas de panique, il reste ses mangas pour en prendre plein la vue et notamment cette nouvelle édition de L’Habitant de l’infini en 15 doubles tomes accompagnée d’une suite inédite en français baptisée Bakumatsu dessinée par Ryu Suenobu et scénarisée par Renji Takigawa, sous la supervision, bien évidemment, du maître Hiroaki Samura. Les premiers volets sont sortis en septembre, les deuxièmes en novembre, les troisièmes en janvier et les quatrième sont annoncés pour avril. Bref, de quoi retrouver notre samouraï immortel, Manji, dans de sacrés combats de sabre et dans les deux cas avec un graphisme plutôt musclé. (L’Habitant de l’infini, Immortal editions Tome 3, de Hiroaki Samura, Casterman. 13,95€. L’Habitant de l’infini – Bakumatsu tome 3, de Renji Takigawa et Ryu Suenobu. Casterman. 9,45€)

Gen Kinokura, 34 ans, est un amoureux de la nature. Il aime par-dessus s’éloigner de la ville, planter sa tente au milieu des bois, faire un bon feu, respirer le bon air et prendre une bonne dose de solitude. Mais cette fois, Gen ne peut que déchanter. Alors qu’il s’apprête à prendre son repas, surgit de nulle part une jeune-fille, Shizuku Kusano. La rencontre est explosive mais les talents de cuisinière de Shizuku finissent pas apaiser les tensions et le camping en solo se termine à deux. Cette série qui compte déjà 16 volumes au Japon et semble remporter un certain succès se présente à la fois comme une histoire d’amour, un guide du parfait campeur et un livre de recettes. Au menu : poêlée de saucisses et de champignons à l’ail, bouchées de jambon cru au fromage et sauce salsa maison, poulet rôti à la bière ou encore risotto à la tomate et aux palourdes façon plein air, bref de quoi nous en mettre l’eau à la bouche ! (Solo Camping for two, de Yudai Debata. Soleil Manga. 8,50€)

C’est une histoire d’épicier. Mais d’épicier épicé. Du genre qui ne vend pas que des légumes. Taro Sakamoto, c’est son nom, a beau avoir un léger embonpoint, une moustache à la papa, des lunettes de myope, il est à lui seul un mythe, une légende, un ex-tueur admiré de tous ses congénères, craint par tous les gangsters. Oui, Sakamoto l’épicier avait le flingue facile avant de raccrocher, de se marier, d’avoir un enfant et de s’installer comme épicier. Une vie pépère jusqu’au jour où le jeune assassin télépathe Sin débarque dans la supérette. Vous voulez de l’action ? Alors, vous en aurez, Sakamoto Days est un concentré d’énergie au rythme de parution effréné. Le tome 12 est sorti en février, le 13 sortira en mai. (Sakamoto Days tome 12, de Yuto Suzuki. Glénat. 6,99€)

On continue dans l’esprit culinaire avec What did you eat yesterday. Le premier tome est sorti en janvier en France, une série référence au Japon publiée depuis 2007 (21 tomes à ce jour et plus de 10 millions d’exemplaires écoulés) et adaptée en film, série télévisée et livre de cuisine. Au centre de tout, deux personnages qui forment un couple gay, Shirô Kakei, avocat, et Kenji Kabuki, coiffeur, deux caractères opposés mais qui se retrouvent autour de la cuisine. Entre recettes et instantanés de vie, les deux protagonistes nous font découvrir la culture japonaise. Aux manettes, une autrice multiprimée. What did you eat yesterday a notamment remporté le prix Kodansha Award du meilleur manga en 2019. (What did you eat yesterday tome 1, de Fumi Yoshinaga. Soleil Manga. 15,99€)

Ils en rêvaient, ils l’ont fait ! Et bien fait. es Français Sylvain Ferret, scénariste, et Nevan, dessinateur, signent avec L’Ombre de Moon leur tout premier manga. Un manga ? Des Français ? Oui, exactement, avec sens de lecture à la japonaise, dessin et découpage à la japonaise et même un petit laïus des auteurs sur le rabat de la couverture, comme le font les mangakas. Côté histoire, les auteurs nous embarquent pour l’Ombre, un monde fantastique dans lequel Moon Banning, le protagoniste principal, accompagné d’un jeune garçon, Panpan, et d’un être étrange toujours prêt à balancer des proverbes, Arès, doit affronter des monstres comme autant de ses tourments du passé avec l’espoir d’en sortir grandi. Un scénario efficace, un dessin nerveux, des scènes d’action vertigineuses, un brin d’humour… bref une belle découverte ! (L’Ombre de Moon, de Nevan et Ferret. Delcourt Tonkam. 12,99€)

Nouvelle adaptation en manga d’un classique de la littérature par le studio Variety Artworks pour le compte des éditions Soleil Manga, La Métamorphose. Après La Divine Comédie, Ulysse, Le Rouge et le noir, Le Capital ou encore Du Contrat social, voici donc l’une des œuvres les plus célèbres de Franz Kafka écrite en 1912. Direction Prague pour une histoire absurde, celle d’un représentant de commerce nommé Gregor Samsa. L’hommei se réveille un beau jour métamorphosé en un énorme insecte. Plus qu’un simple récit fantastique, La Métamorphose offre une critique sociale aux multiples lectures possibles. (La Métamorphose, de Franz Kafka et Variety Artworks. Soleil manga. 8,50€)

Bienvenue en enfer ou presque ! Depuis 100 ans, la Terre est plongée dans le noir à cause d’un épais nuage. La plupart des végétaux a disparu et l’humanité place ses derniers espoirs dans la transfloraison, une technique qui consiste à transformer un être humain en plante, comblant ainsi le manque de végétaux. Héros de ce récit vivant dans une grande pauvreté, Toshiro décide de franchir le pas et de subir l’opération nécessaire à sa transformation en plante… Un récit d’anticipation original aux belles ambiances sombres. (Fool Night tome 6, de Kasumi Yasuda. Glénat. 7,90€)

Fin de partie pour Abyss Azure dont le troisième et dernier volume est sorti début février. Inspiré de La Petite Sirène du romancier danois Hans Christian Andersen, Abyss Azure nous embarque dans les profondeurs sous-marines où vivent les ondins, ces créatures mythiques représentées avec un torse humain et une queue de poisson. Ici, aucun contact avec les humains n’est toléré, une consigne respectée jusqu’au jour où l’une de ces créatures, Ryû, tombe amoureuse d’un homme… (Abyss Azure tome 3/3, d’Akhito Tomi. Vega Dupuis. 8,35€)

Changement de style et d’univers avec Blue Giant Explorer et la sortie du troisième volume, une série signée Shinichi Ishizuka. Suite directe de Blue Giant et de Blue Giant Supreme, cette nouvelle série, dont le premier tome a figuré dans la sélection officielle du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême 2024, nous permet de retrouver notre saxophoniste Dai Miyamoto à la conquête des États-Unis. Blue Giant Explorer nous offre non seulement un regard sur le monde de la musique et plus spécialement le jazz mais aussi sur la culture nippone et américaine, le tout avec une approche graphique du plus bel effet. Et si vous regrettez le silence du manga, vous pourrez toujours vous rabattre sur l’adaptation cinéma actuellement sur les grands écrans et sa BO signée Hiromi Uehara. (Blue Giant Explorer tome 3, de Shinichi Ishizuka. Glénat. 7,90€)

On termine avec la réédition de deux anthologies consacrées à Moto Hagio, l’une des premières mangakas femmes à avoir investi dans les années 70 le registre de la bande dessinée féminine, le shojo, et bousculé au passage les codes en usage qui imposaient des histoires sans profondeur. Moto Hogio, à laquelle le Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême a consacré cette année une rétrospective et décerné un Fauve d’honneur, a tout au long de sa longue carrière cherché à imposer à travers la fiction des récits ambitieux sur des thématiques diverses, notamment autour de l’identité de genre. Une autrice à découvrir ou redécouvrir ! (Anthologie de l’humain et Anthologie de la rêverie, de Moto Hagio. Glénat. 14,95€ le volume)

Eric Guillaud

24 Oct

Vacances de la Toussaint : 12 mangas à dévorer au chaud sous la couette

On commence avec un sympathique coffret réunissant les trois volumes de Candy Flurry parus simultanément fin septembre aux éditions Soleil. Avec une bonne dose d’humour, Ippon Takegushi et Santa Mitarashi nous plongent dans un Tokyo ravagé par… des bonbons. Oui, vous avez bien lu, l’apocalypse prend ici des allures de friandises, des sucettes géantes pour être précis, qui se sont abattues sur la ville telle une pluie d’automne. Et le responsable ? Un utilisateur de sucettes qui a obtenu des super-pouvoirs en se goinfrant de sucreries. Cinq ans après, la police des bonbons est toujours sur le coup et depuis peu sur les traces d’une lycéenne… (Candy Flurry, tomes 1 à 3, de Ippon Takegushi et Santa Mitarashi. Soleil Manga. 21,87 euros)

Vous avez dévoré Food Wars!, la série de Yūto Tsukuda et de Shun Saeki aux 36 volumes et quelques 20 millions d’exemplaires imprimés ? Alors, vous dévorerez pareillement ces deux livres tirés de son univers, à commencer par Food Wars! Spécialité du chef, un fan book situé quelque part entre l’artbook et le livre culinaire avec un format manga mais une couverture rigide. L’occasion de retrouver Sôma, le héros principal, envoyé dans sa prestigieuse école culinaire. De nombreuses illustrations, des recettes, des photos… bref, de quoi saliver ! (Food Wars, spécialité du chef, de Yutö Tsukuda et Shun Sarki. Delcourt Tonkam. 15,50€)

Le deuxième livre tiré de l’univers de Food Wars! est en fait un spin-off de One Piece, un autre monument du manga, avec toujours les mêmes auteurs en cuisine, les sieurs Yūto Tsukuda et Shun Saeki, mais un personnage central différent puisqu’il s’agit de Sanji, le fameux cuisinier de l’équipage de Monkey D. Luffy de la non moins fameuse saga d’Eiichiro Oda. Au menu : des bons petits plats aux ingrédients insolites, de quoi subjuguer les palais les plus difficiles. (Sanji’s Food wars!, de Yutö Tsukuda et Shun Saeki d’après Eiichiro Oda. Glénat. 6,99€)

Ça vous a ouvert l’appétit ? Alors, vous êtes prêts pour passer au plat suivant, Today’s Burger, les deux premiers volumes sont sortis en septembre, un troisième est attendu pour décembre. Les auteurs, Umetaro Saitani et Rei Hanagata, y racontent le parcours de Satoshi Jingûji, un employé de l’industrie agro-alimentaire qui décide un beau jour, malgré la concurrence, de quitter son travail pour monter son propre restaurant de burgers. Mais attention, des burgers faits avec amour pour les fins gourmets… Un voyage étonnant au pays du burger. (Today’s Burger, 2 tomes parus, de Umetaro Saitani et Rei Hanagata. Soleil Manga. 8,50€ le volume)

Si vous préférez un plat un peu plus typique du Japon, du moins dans notre esprit d’Européens, voici les Gyozas, ces raviolis à la fine pâte croustillante et à la farce parfumée, préparés qui plus-est par la reine des gyozas, rien que ça, sous le contrôle de la chef cuisinière, à la fois scénariste et dessinatrice, Yûsuke Kanmera. Premier titre avec Today’s burger sus-cité de la nouvelle collection Gourmet des éditions Soleil Manga, La Reine des gyozas nous invite à passer un bon moment dans le petit restaurant de Yonagi à la fois côté salle et côté cuisine. Et les gyozas n’auront plus de secrets pour vous ! (La Reine des gyozas, de Yûsuke Kanmera. Soleil Manga. 8,50€)

Changement radical de style avec Samura du mangaka Oku publié dans la toute nouvelle collection Alpha des éditions Dupuis. On laisse de côté les burgers et autres gyozas pour une nourriture beaucoup plus spirituelle qui n’a ni le format habituel du manga, ni le noir et blanc et le graphisme d’usage. Samura est un OVNI qui se rapproche du roman graphique et visuellement de l’estampe. 160 pages d’une histoire de samouraï en mode onirique. De toute beauté ! (Samura, d’Oku. Alpha Vega-Dupuis. 20€)

Et de trois pour Nights with a cat ! Vous avez adoré Chi une vie de chat de Konami Kanata, un énorme carton en 12 volumes publiés entre 2010 et 2015, alors vous devriez aimer Nights with a cat qui reprend un peu la formule magique du jeune chat débarquant dans un foyer, en l’occurrence ici celui de Futa et de sa petite sœur. À la différence près qu’ici, ce n’est pas le chat qui découvre la vie des humains mais les humains qui découvrent la vie de chat. Sa toilette, ses pupilles, ses oreilles, son sommeil… Futa décortique la bestiole et scrute ses habitudes, tentant d’en apprendre un peu plus sur lui à chaque page. Le tout avec un peu d’humour et des couleurs ! (Nights with a cat tome 3, de Kyuryu Z. Glénat. 10,95€)

Bienvenue à N°6, la cité du futur, un sanctuaire qui rassemble le meilleur de la science et en même temps une forteresse ultra-protégée entourée d’un mur conçu dans un alliage spécial. Bref, de quoi assurer à quelques privilégiés une vie de rêve loin de la criminalité rampante et proche des derniers progrès en médecine. Ici, la douleur, la misère, le malheur n’existent pas. Et dans ce monde, Shion, un jeune adolescent de 12 ans, est appelé à rejoindre l’élite, tout lui sourit, tout jusqu’au jour où il recueille chez lui un criminel en fuite… Publié entre 2011 et 2013 au Japon, N°6 débarque en France chez Vega-Dupuis. Deux tomes sont parus, un troisième est annoncé pour novembre. (N°6, de Asano et Kino. Vega – Dupuis. 8,35€)

Nous parlions précédemment du spin-off de One Piece baptisé Sanji’s Food wars!, la série mère du Japonais Eiichiro Oda, elle, poursuit sa route avec un 105e volume. C’est le manga Number one du marché et l’éditeur ne manque pas de le rappeler sur son communiqué de presse. 38,2 millions d’exemplaires vendus en France, des centaines de millions sur la planète, de quoi il est vrai faire tourner les têtes (et les serviettes!). Et toujours un univers unique, un mélange d’aventure, de fantastique et d’humour, et un héros baptisé Lufy qui rêve de devenir le roi des pirates en trouvant le fameux trésor « One Piece » (One Piece tome 105, d’Eiichiro Oda. Glénat. 6,99€)

C’est un beau cadeau que les éditions Casterman ont fait aux nombreux fans de la saga L’Habitant de l’infini avec la publication simultanée, à la rentrée, du premier volet d’une nouvelle édition consacrée à la série mère, une édition en 15 doubles tomes, et celle du premier épisode d’un spin-off inédit en français baptisé Bakumatsu. Bref, de quoi retrouver notre samouraï immortel, Manji, dans de sacrés combats de sabre et dans les deux cas avec un graphisme plutôt musclé.(L’Habitant de l’infini, Immortal editions Tome 1, de Hiroaki Samura, Casterman. 13,95€. L’Habitant de l’infini – Bakumatsu tome 1, de Renji Takigawa et Ryu Suenobu. Casterman. 9,45€)

On termine avec Le Bateau-usine de Shinjirô et Shigemitsu Harada, un récit de science-fiction qui nous embarque pour un futur lointain dans lequel toutes les mers se sont évaporées. Les créatures marines se sont adaptées en se déplaçant dorénavant au gré des courants atmosphériques. C’est donc dans le ciel que le bateau-usine navigue pour pêcher des crabes géants. À son bord s’activent pour une misère des ouvriers endettés, des criminels et des gamins orphelins vendus à la compagnie comme Luca et Shû qui ne rêvent que d’une chose : gagner assez d’argent pour acheter leur liberté. Mais ce n’est pas gagné…  (Le Bateau-usine, de Shinjirô et Shigemitsu Harada. Vega – Dupuis. 8,35€)

Eric Guillaud

05 Oct

2001 Nights Stories de Yukinobu Hoshino : un OVNI dans la galaxie Kubrick

Un OVNI s’est posé sur les présentoirs de votre libraire préférée, un OVNI tout droit venu de l’espace et plus précisément de 2001 L’Odyssée de l’espace, le film de Stanley Kubrick auquel il ambitionne de donner une suite. 2001 Nights Stories est un manga hors norme de quelque 800 pages en deux volumes à découvrir ou redécouvrir d’urgence…

Certains d’entre vous l’auront peut-être découvert dès 2012 à l’occasion d’une première édition française en coffret à tirage très limité (2001 exemplaires), depuis longtemps épuisé et vendu par des collectionneurs à des prix indécents.

Mais pas d’affolement, les éditions Glénat ont eu la très bonne idée de rééditer la bête à un prix un peu plus raisonnable et toujours dans un format XXL, vraiment XXL, loin des perfect édition habituels, du 210 X 300 mm plein pot qui offre des conditions de lecture optimums et une vue imprenable sur des planches absolument somptueuses, dont certaines en couleurs.

On est loin, très loin, des mangas réalisés à la chaîne et devant répondre à une esthétique établie, l’œuvre de Yukinobu Hoshino, réalisée au début des années 80 est hors norme, tant sur le plan du graphisme que sur celui du découpage avec ces vaisseaux d’une précision chirurgicale étonnante et ces plongées dans le cosmos totalement immersives.

Une suite à 2001 L’Odyssée de l’espace ? L’affaire peut paraître ambitieuse, voire prétentieuse, mais oui, Yukinobu Hoshino est tombé raide dingue du film de Kubrick à sa sortie en salles, au point de faire de la SF son genre de prédilection et de rendre hommage au monument cinématographique à travers ces quelque 800 pages en deux volumes, un voyage à travers le temps et l’espace en 19 histoires distinctes mais liées par la thématique de l’exploration et de la colonisation de l’espace par l’homme. En prologue, une reprise de la séquence d’ouverture du film, dite de la découverte de l’outil. Cosmique !

Eric Guillaud

2001 Nights Stories tomes 1 et 2, de Yukinobu Hoshino. Glénat. 32€ le volume.

© Glénat / Yukinobu Hoshino