01 Mai

Pâte à modeler, dessin… les activités du Père Castor !

Comment réaliser un lion en pâte à modeler ? Ou une girafe ? Ou pourquoi pas un rhinocéros ? Ou encore un ours, un hippopotame, un Koala, un phoque ? Que sais-je encore ? Rien de plus simple avec ce livre de Rony Oren qui propose une dizaine d’animaux à réaliser en suivant les photographies prises étape par étape. Du coup, l’affaire devient un jeu d’enfant ! Les explications sont claires, les photographies grandeur nature… Il faut dire que Rony Oren a de l’expérience dans ce domaine avec sa méthode unique, qui lui a valu un grand succès auprès des enfants, mais aussi avec ses émissions de télévision et les 500 films qu’il a dirigé ou produit.  En cadeau, 12 batons de pâte à modeler !

Après la pâte à modeler, le dessin ! Avec deux ouvrages, pour les enfants de 4 à 5  ans. Deux ouvrages qui invitent à dessiner, d’après modèle, les animaux de la nuit et les animaux sous l’eau. Jusqu’ici, rien de bien singulier sauf que les pages sont noires, effaçables à sec et que le feutre est lui fluo. A l’origine de ce concept qui donne des résultats étonnants, Fred Sochard, un auteur jeunesse qui vit à Angers ! E.G.

En détail :

Tout un zoo en pâte à modeler, de Oren Rony. Editions Flammarion – Père Castor. 14,90 euros.

Je dessine comme un grand les animaux de la nuit et Je dessine comme un grand les animaux sous l’eau, de Fred Sochard. Editions Flammarion – Père Castor. 8,50 euros le volume.

24 Avr

Quelques belles petites histoires à savourer le soir…

Une comptine pour commencer. La célèbre comptine Quelle heure est-il, madame Persil ? revisitée ici par Nathalie Léger-Cresson et Isabelle Chatellard et publiée dans la charmante collection de livres souples au format poche Les P’tits Didier. « Quelle heure est-il madame Persil ? Quatre heures moins le quart madame Placard. Vous êtes sûre madame Chaussure ? Absolument madame Piment… »  et ça continue ainsi pendant des pages. Le ton est léger, drôle et entraînant. Les illustrations sont colorées et rigolottes. A chacun ensuite de rentrer dans la danse et de trouver de nouvelles rimes…

Thierry Dedieu est de retour ! Bien qu’en fait, il ne soit jamais vraiment parti et signe même plusieurs nouveautés par an, en boulémique de la création qu’il est. Cette fois, l’auteur nous offre une merveilleuse fable évocant la sagesse des hommes qui acceptent leur place dans le respect de la nature. Dans son château au bord de la mer, le Roi des sables reçoit son cousin, le Roi des bois. Celui-ci est émerveillé, émue même, par l’environnement et la vue dont il bénéficie. Malheureusement la mer ne va pas tarder à engloutir la forteresse. Et rien ne changera le cour des choses, pas même l’installation de brises-vagues ou le creusement d’un canal de dérivation. « La nature est au-dessus des hommes… », admet, fataliste, le Roi des sables… Dans le même esprit que La Princesse au petit pois, les illustrations de ce nouveau récit sont des montages photos. Une belle histoire pour rester humble face à mère nature !

Certes, le graphisme et l’histoire des Bêtes d’Ombre peuvent sembler de prime abord âpres, durs, inquiétants, menaçants même. Surtout pour des enfants ! Mais Anne Sibran et Stéphane blanquet, tous deux biens connus dans le monde de la bande dessinée, ont choisi d’aborder ici un thème particulièrement sombre et difficile, celui du génocide. Les Bêtes d’Ombre est en effet inspiré du drame rwandais qui, en 1994, avait fait plusieurs centaines de milliers de morts. Anne Sibran, particulièrement touchée par le sort des enfants pendant et après ce drame, qu’ils soient du côté des victimes ou de celui des bourreaux, a souhaité dans ces pages réfléchir et faire réfléchir autour de la barbarie, de la guerre, de la violence et de la parole, cette arme absolue qui peut, avec l’amour, dépasser tout le reste…  Un texte fort, un graphisme de caractère aux dégradés de gris… Les Bêtes d’Ombre est un ouvrage véritablement hors du commun. Pour les plus de 10 ans !

Un autre livre qui porte à la réflexion. Son titre : Les Chaussures. Son thème : l’exode, la guerre. Mais aussi l’espoir, l’espoir d’une renaissance. Gigi Bigot et Pépito Matéo, conteurs dans l’âme, accompagnés d’Isabelle Chatellard, illustratrice de grand talent, racontent dans cet album la destinée d’une enfant du point de vue d’une paire de chaussures, des chaussures qui « avaient été regardées, admirées et même choisies parmi toutes les autres dans la vitrine du marchand ». Elles s’étaient promenées, elles avaient dansé, sauté, joué, grimpé… jusqu’au jour où elles avaient dû « apprendre à marcher sur la pointe des pieds, puis raser les murs et enfin ne plus sortir du tout… ». Et puis, ce fût la fuite, terrible, brutale, la peur aux orteils, l’abandon dans la neige, la solitude, le silence… et finalement le chant d’un oiseau, l’espoir qui renaît… Ce récit en forme de métaphore nous fait bien évidemment penser à la Shoah, à l’exode et à la persécution vécues par des millions de gens. A ces tas de chaussures aussi entassées comme un trophée à l’entrée des camps. La mise en scène graphique, en totale adéquation avec le récit, développe avec subtilité et rafinement des ambiances tantôt tristes, jouant sur les couleurs froides, tantôt chaleureuses, colorées, joyeuses comme la vie qui continue. Les cadrages, les perspectives, les décors… pour le moins singuliers participent eux-aussi à la dramaturgie de l’histoire. Une oeuvre très émouvante ! E.G  

  

Dans le détail :

Quelle heure est-il madame Persil ?, de Nathalie Léger-Cresson et Isabelle Chatellard. Editions Didier jeunesse. 5,30 euros.

Le Roi des sables, de Thierry Dedieu. Editions Seuil jeunesse. 13,50 euros.

Les Bêtes d’Ombre, un conte sauvage, de Sibran et Blanquet. Editions Gallimard jeunesse. 17,50 euros.

Les Chaussures, de Gigi Bigot, Pépito Matéo et Isabelle Chatellard. Editions Didier jeunesse. 14 euros.

31 Mar

Tous les vendredis, de Dan Yaccarino. Editions Didier jeunesse. 12,90 euros.

Les rituels ! On en connaît tous l’importance pour les enfants. Qu’il s’agisse du bain le soir, de la petite histoire avant d’aller au lit, du guili-guili pour s’endormir… Qu’ils rythment le jour ou la semaine, tous participent à leur épanouissement. Dans ce petit livre de l’auteur américain Dan Yaccarino, un papa et son petit garçon ont instauré un rituel autour du vendredi. Ce jour-là, qu’il vente ou qu’il neige, tous deux vont s’offrir un moment de complicité, une promenade à travers la ville, main dans la main. Et ils observent les commerces qui ouvrent, les chantiers qui s’animent, les gens qui partent au travail, saluent les amis, comptent les chiens… et terminent au café pour prendre un bon petit déjeuner. C’est une histoire toute simple, aussi simple que toutes ces petites habitudes, une histoire joyeuse aussi dans un style graphique frais et coloré, dans l’atmosphère nostalgique du New York des années 50. Un album qui parle avec douceur des petits bonheurs et de la complicité père-fils. A lire chaque vendredi ! E.G.

24 Mar

Gaza 1956, en marge de l’histoire, de Joe Sacco. Editions Futuropolis. 29 euros.

Joe Sacco ! Ce prénom et ce nom suffisent à dire le sérieux de l’affaire. Joe Sacco est un journaliste et un auteur de bande dessinée américain bien connu des amateurs de BD-reportages, genre qu’il a initié dès 1993 en publiant aux Etats-Unis l’album Palestine, édité de ce côté-ci de l’Atlantique en deux volumes chez Vertige Graphic : Palestine, une nation occupée en 1996 et Palestine, dans la bande de Gaza en 1997. Après un petit détour par l’ex-Yougoslavie en guerre qui donnera deux livres, Gorazde en 2001 et The Fixer, une histoire de Sarajevo en 2005 (Rackham), Joe Sacco retrouve le sol de Palestine avec Gaza 1956. Ce gros et beau pavé de 424 pages en noir et blanc apporte un nouveau témoignage particulièrement documenté sur un épisode semble-t-il oublié du conflit israélo-palestinien, le massacre de près de 275 civils perpétré par l’armée israélienne à Khan Younis et à Rafah en 1956. Entre novembre 2002 et mai 2003, le dessinateur reporter se rend à plusieurs reprises sur le terrain afin d’établir la véracité de cette tragédie et embarque le lecteur à la recheche des traces de ce massacre. « Je trouvais exaspérant que le plus important massacre de Palestiniens sur le sol de Palestine – si l’on en croit le chiffre de 275 morts avancé par l’ONU – reste dans les ténèbres de l’oubli où il gisait, comme d’innombrables autres trégédies historiques… ». Sur place, Joe Sacco sollicite les témoins oculaires de l’époque mais, souvent, comme en témoigne ce livre, les Palestiniens interrogés ne comprennent pas son intérêt pour cet épisode vieux de plus de cinquante ans alors que tous les jours, sous les yeux mêmes du dessinateur reporter, se poursuit la tragédie. Entre deux témoignages, Joe Sacco ne peut faire autrement que de nous parler du présent, des bombardements, des maisons rasées et de cette vie qui continue malgré tout. Un album dense, parfois âpre, mais nécessaire qui a demandé à Joe Sacco six années de travail et d’investigations ! E.G.

26 Fév

Tous à vos crayons. Prêts ? Un, deux, trois… dessinez !

Apprendre le dessin, c’est bien. Apprendre le dessin en s’aidant d’un livre, c’est mieux ! Casterman, Gallimard jeunesse, Flammarion, Seuil… tous les éditeurs jeunesse publient régulièrement des ouvrages qui permettent à nos artistes en herbe de se faire la main et de se familiariser avec l’art graphique. En voici quelques-uns fraîchement sortis…

Au Père Castor pour commencer viennent de sortir deux nouveaux ouvrages dans la collection A Toi de dessiner. Le premier s’adresse plus particulièrement aux filles, le second s’intéresse aux manga, les deux offrent plus de 100 dessins à compléter sur un papier épais de bonne qualité et de bon format. L’objectif visé par la collection est clairement de développer la créativité et l’imagination de l’enfant avec beaucoup d’humour. Les dessins sont de bonne facture et effectivement amusants. A chacun, chacune, de dessiner un avion incroyable, un château de rêve, d’imaginer un splendide palace sous la mer,  de remplir le coffre de trésors, de créer des coiffures originales ou des bijoux, de décorer des vêtements de poupée… Parfait pour les 5-6 ans et plus !

Toujours au Père Castor, Je dessine comme un grand mes personnages préférés est un ouvrage qui permet à l’enfant de dessiner, d’effacer, de dessiner, d’effacer, de dessiner… Bref, vous l’aurez compris, de recommencer jusqu’au bout de la nuit ou, du moins, jusqu’à ce que le dessin soit réussit, grâce aux feutre effaçables fournis et aux pages plastifiés. Le principe est simple, à chaque page un thème (le château, le roi, le robot, le monstre, le cow-boy…), un modèle et les grandes étapes à respecter pour que le dessin soit parfait. Et si ce n’est pas le cas, on efface, on redessine, on efface, on redessine… Pour les 5-6 ans !

Après Miro et Picasso, les éditions Gallimard et l’auteure Ana Salvador offrent un nouveau titre à la somptueuse collection Dessiner avec… qui a pour but d’apprendre aux enfants à dessiner en partant des oeuvres d’artistes reconnus et donc, dans un même élan, de découvrir leur univers et plus généralement le monde de l’art. Cette fois, c’est donc Jean Dubuffet (1901 – 1985), inventeur de l’art brut, qui va être le guide de nos artistes en herbe. Chaque dessin est décomposé pour aider au mieux l’enfant dans son travail qui peut dessiner directement sur le livre ou sur des feuilles de papier à dessin insérées dans une pochette située à la fin du livre. Une méthode d’une simplicité enfantine, pour petits et grands !

Pour finir, les éditions Casterman ont publié en début d’année la nouvelle édition de l’ouvrage Le Petit artiste qui propose une première initiation à la pratique artistique pour les enfants de 3 à 7 ans. Pour le réaliser, Gaëtanne Lannoy, l’auteure, s’est inspirée des nombreux ateliers qu’elle organise depuis plus de 10 ans. Clair et pratique, il offre un panorama des techniques dites classiques (crayons, feutres, pastels…) et de celles qui le sont moins comme la peinture avec des pochoirs, avec des ficelles, un bâton, de la colle, du sable, du tissu, du carton… un ouvrage très pratique, instructif et agréable avec pour chaque technique des renvois à certains grands peintres ! E.G.

  

Dans le détail :

A toi de dessiner – Spécial manga, de Yuriko Yano. Editions Père Castor Flammarion. 8 euros.

A toi de dessiner – spécial filles, de Nellie Ryan. Editions Père Castor Flammarion. 8 euros.

Je dessine comme un grand mes personnages préférés, de Laurent Richard, Raphaël Hadid et Chhuy-Ing. Editions Père Castor Flammarion. 14,90 euros.

Dessiner avec… Jean Dubuffet, de Ana Salvador. Editions Gallimard jeunesse. 14 euros.

Le Petit artiste, de Gaëtane Lannoy. Editions Casterman. 16,75 euros.

Sur les traces de… Une collection documentaire signée Gallimard jeunesse.

Partager l’extraordinaire destin de Napoléon Bonaparte, de Louis XIV, d’Ulysse, du roi Arthur, de Marco Polo ou encore des dieux grecs et des pirates, tel est l’objectif de la collection Sur les traces de… initiée par les éditions Gallimard jeunesse et faisant actuellement l’objet d’un relookage général. Avec un format poche très pratique, un prix relativement modique (7,50 euros), une iconographie remarquable, des doubles pages encyclopédiques et bien entendu un récit vivant, parfois écrit à la première personne, chacun de ces ouvrages offre une bonne approche des grands mythes et personnages de l’histoire, des civilisations anciennes, de leurs modes de vie, des traces qu’elles ont pu laisser… Des petits livres documentaires très sympatiques pour les 10 ans et plus ! E.G.

Parmi les derniers titres réédités : Sur les traces de Marco Polo, Sur les traces de Louis XIV, Sur les traces de Napoléon et Sur les traces des dieux grecs.

L’effet Dragons… aux éditions Seuil jeunesse.

Dragons, le nouveau film d’animation 3D du studio DreamWorks (Shrek, Madagascar…) sort en salle le 31 mars. A cette occasion, les éditions Seuil jeunesse publient six ouvrages qui en sont directement inspirés pour anticiper et prolonger la magie. Dans l’ordre d’apparition, Dragons, Harold et Krokmou (7,5 euros) retrace la rencontre entre Harold, l’ado viking, et Krokmou le dragon avec, au centre du livre, deux masques prédécoupés permettant une immersion totale dans l’univers du  film. De son côté, Dragons, Les leçons de Gueulefor (4,90 euros) livre tous les secrets pour affronter les terribles cracheurs de feu et dévoreurs d’hommes. Dragons, Le grand livre d’activités (4,95 euros) regroupe une foule de jeux  sur 32 pages, labyrinthe, jeu des erreurs, codes secrets, jeu des silhouettes… Dragons, L’histoire du film (4,90 euros) est l’adaptation du film en roman. Dragons, Le livre des héros (9,90 euros) propose à travers 26 pages et 5 rabats de revivre les grands moments du film et de tout savoir sur les principaux personnages. Et pour finir, Dragons, Une amitié impossible  (4,90 euros) revient sur les origines de l’amitié entre Harold et le dragon en illustrations. Des livres pour tous les goûts, à partir de 5 ans ! E.G.

Aujourd’hui au Maroc et Aujourd’hui au Japon, deux journaux d’enfants chez Gallimard jeunesse

Après le Brésil, la Guadeloupe, l’Algérie, la Russie… la collection Le Journal d’un enfant s’enrichit de deux nouveaux titres consacrés au Japon et au Maroc. Le principe est toujours le même, un enfant nous raconte son quotidien à travers un récit de fiction qui permet d’aborder des thèmes aussi variés que la gastronomie, les ressources économiques, la mode, l’art, les transports, les jeux, la famille, les sports, la religion, le tourisme, le patrimoine…  De nombreuses illustrations ainsi que des dépliants et rabats comportant une mine d’informations documentaires agrémentent ce récit. Une formidable ouverture au monde, idéale pour les 8 – 12 ans ! E.G.

Dans le détail :

Aujourd’hui au Maroc, de Clotilde et Houssaine Oussiali. 12,90 euros.

Aujourd’hui au Japon, de Geneviève Clastres. 12,90 euros.

28 Jan

Trieste Bologne, Journal d’Italie (tome 1), de David B. Editions Delcourt. 14,95 euros.

C’est un journal, sans en être vraiment un. C’est une autobiographie, sans vraiment l’être non plus. Par contre, c’est du David B.. Aucun doute à ce sujet ! Le cofondateur de la maison d’édition indépendante L’Association, auteur notamment du Cheval blème (éd. L’Association), de L’Ascension du Haut Mal (L’Association), du Capitaine écarlate (Dupuis) ou encore de Par les chemins noirs (Futuropolis) s’invite ici dans un genre très en vogue, celui du journal autobiographique. Mais, vous l’aurez compris, à sa façon. « Le journal autobiographique est un genre de plus en plus pratiqué en bande dessinée… », explique David B., « et je me suis demandé comment je pourrais l’aborder à ma manière. En même temps, ma vie personnelle n’est pas assez passionnante pour être rapportée au jour le jour… Mais elle est aussi faite de mes réflexions de tout ce qui se passe autour de moi, de ce que je vois dans la rue ou des faits divers lus dans la presse. C’est comme ça que naît l’envie de raconter des histoires, et j’ai pensé que celà pouvait être un sujet intéressant. Ce journal d’Italie explique comment je construis mon imaginaire grâce à un répertoire d’idées. Il s’agit du récit de ce qui se passe dans mon cerveau plutôt que ce qui se passe dans ma vie… ». Et dans le cerveau de David B., on peut y trouver une foule de choses très singulières. Plutôt que de chercher à raconter un événement particulier au quotidien, David B. préfère laisser parler son imagination et son amour pour le vagabondage. Dans les rues de Trieste ou celles de Venise, le lecteur est ainsi  invité à partir à la rencontre de lieux qui insufflent à l’auteur quelques souvenirs de lecture, comme ce quartier si particulier du ghetto de Venise qui nous ramène sur les traces de Corto Maltese (Fable de Venise, éd. Casterman), ou cette librairie avec ses livres de gangsters qui nous offrent une petite virée dans le cinéma italien et notamment dans l’univers des films sur la mafia. Bref, page après page, les histoires naissent et disparaissent au gré des rencontres, des conversations, des rêves… Un très beau voyage au coeur de l’imaginaire par l’une des plus belles et originales signatures de ce qu’on désigne comme la nouvelle bande dessinée ! E.G.

29 Déc

Mon beau sapin… Une sélection de beaux livres jeunesse !

    

Besoin de quelques idées pour Noël ? Suivez le guide…

  

  

  

  

  

  

  

  

  

Un très beau et très grand livre tout-carton pour commencer. Son nom : Le Machin. Et c’est quoi au juste ce machin, allez-vous me demander ? Justement, c’est toute la question ! C’est en fait un drôle de machin à rayures. Des rayures rouges et blanches. Bobo l’éléphant pense à un bonnet et le met immédiatement sur la tête. Kiki l’alligator, lui, penche plutôt pour une cape et l’enfile sur son dos. Zaza la brebis y voit une jupe, Juju le canard, une écharpe… Bref, le machin passe de main en main, ou plus exactement de patte en patte, jusqu’à… Chut ! Nous ne dévoilerons pas la fin mais sachez que le machin va finir par retrouver son propriétaire. Un récit animalier franchement cocasse de Stéphane Servant sur des illustrations originales, réalisées à partir de tissus et signées Cécile Bonbon.  

Stéphane Servant, encore lui, signe les textes de Comme en hiver, un récit publié au Seuil et traitant du passage de l’hiver au printemps. Il faut s’y préparer ! Aucun point commun avec Le Machin si ce n’est une fois encore une forte originalité du côté des illustrations. Cette fois, c’est la plasticienne, photographe et illustratrice Juliette Armagnac qui réalise la mise en images. Chaque page est constituée de montages photos de maquettes de papier à la manière d’origamis et de subtiles jeux de lumières. Le rendu est tout simplement époustouflant ! C’est beau, c’est pur, c’est poétique, ça fait du bien…

Avez-vous déjà imaginé la vie d’une allumette ? Celle-ci s’appelle Céleste et, comme toutes les autres allumettes, Céleste rêve de briller comme une étoile dans la nuit. Elle s’imagine même un destin hors du commun, comme offrir un instant de chaleur à un mendiant ou éclairer un naufragé et permettre ainsi son sauvetage.  Mais pour le moment, Céleste est bien au chaud dans sa boîte où, blottie au milieu de ses semblables, elle donne malgré tout l’apparence d’une allumette heureuse. Et puis un beau jour, Céleste est extirpée de sa boîte et s’enflamme. Le moment de gloire est éphémère et Céleste rejoint rapidement les étoiles. Pour l’éternité. Ce récit de Gaelle Callac et Marie Desbons peut vous faire penser à un autre récit, La Petite fille aux allumettes, de Hans Christian Andersen. Et c’est normal ! Comme l’explique l’auteur elle-même, « Je voulais écrire l’histoire d’une allumette car de par sa fragilité et l’instantanéité de sa flamme, la vie d’une allumette me semblait proche de la condition humaine. J’ai tenté de créer une sorte de mise en abyme du conte d’Andersen La petite fille aux allumettes en racontant l’histoire d’une des allumettes qui éclaira la vie de la fillette. Si le thème principal du conte d’Andersen est la pauvreté, la cruauté des hommes, il n’en est rien pour Céleste. En commun cependant, le hasard des destins, la furtivité de la vie. Céleste est un livre sur la réalisation des rêves, de ceux qui sommeillent en chacun de nous. C’est aussi une histoire sur le désir de postérité. L’homme aime, en général, laisser la trace de son passage sur terre, je crois (oeuvres, enfants, etc) ». Un beau livre conçu comme une boite d’allumettes. L’album se glisse dans une pochette avec grattoir sur les côtés.

  

  

  

  

  

  

  

   

  

Ding Dong… Quand minuit sonne, Monsieur descend dans la rue, trouve un sou, s’achète des gâteaux qu’il ne veut surtout pas partager. Malheureusement, il aura beau se cacher, il sera toujours dérangé par une horde d’affamés… Quand minuit sonne a été initialement publié en Corée du sud. L’auteur, In-Gang, artiste plasticien, revisite ici une comptine traditionnelle de son pays avec une mise en images éblouissante, faite de photographies de décors et de figurines réalisés en fonte, plâtre, bois ou tissu. Un très beau voyage au coeur de la Corée ancienne !

Restons en Corée où… « il y a très longtemps vivait une vieille femme toute tordue. Un jour qu’elle désherbait les champs, elle vit un oeuf énorme. A cet instant, elle eut très faim et le mangea. A partir de ce jour son ventre commença à enfler. Neuf mois plus tard elle accoucha d’un… énorme serpent ». C’est ainsi que débute L’amour au coeur, un autre récit traditionnel coréen publié cette fois aux éditions Chan-ok. Les auteurs, deux femmes, Lee Kyung-hye et Yu Moon-jo, y parlent d’amour, de sortilèges, d’espoir et de dignité, celle de la femme coréenne. Un récit classique au graphisme sobre et élégant. A partir de 5 ans. E.G.

Dans le détail : 

Le Machin, de Stéphane Servant et Cécile Bonbon. Editions Didier jeunesse. 19,90 euros.

Comme en hiver, de Stéphane Servant et Juliette Armagnac. Editions Seuil jeunesse. 13,50 euros.

Céleste, Une étoile dans la nuit, de Gaëlle Callac et Marie Desbons. Editions Le Buveur d’encre. 15 euros.

Quand minuit sonne, de In Gang. Editions Didier jeunesse. 12,90 euros.

L’Amour au coeur, de Lee Kyeong-hye et Han Yu-min. Editions Chan-ok. 14 euros.