27 Mai

Batman prime ou comment Chevalier noir réussit encore à se réinventer !

Batman, 975ème redémarrage ? Non, Batman Prime n’est pas tout à fait ce que l’on appelle dans le jargon du neuvième art un reboot, c’est-à-dire d’une reprise à zéro de l’histoire d’un personnage. Il faut voir cette nouvelle série plutôt comme une sorte de redistribution des cartes mais avec, surtout, LE dessinateur en vogue, un Jorge Jiménez au sommet de son art.

Ils sont tous là, ou presque : Bruce Wayne bien sûr, playboy milliardaire dans la vraie vie et Batman pour les autres, son fidèle Robin, son majordome Alfred (ou plutôt son fantôme), Jim Gordon, le Riddler etc. Présents mais plus ou moins différents, soit très proches de l’esprit originel de la série (les costumes très traditionnels de Batman et Robin), soit dans un rôle complètement différent (Jim Gordon, redevenu ‘simple’ flic).

Sauf que finalement, le premier rôle de cette nouvelle série, c’est avant tout la mégapole de Gotham. Une ville peut-être plus bling-bling et moins dark que par le passé mais gargantuesque, imposante, sans fin. Une ville pour laquelle beaucoup sont prêts à tuer père et mère. 

Batman Prime en rompt pourtant jamais totalement avec son passé. La série reprend même certains éléments dramatiques de la série précédente, dont la mort traumatique du fidèle Alfred dont la figure paternelle hante, littéralement, le Chevalier Noir.

Mais grâce au trait dynamique de Jiménez, à un sens du rythme plus soutenu et quelques concessions bien pensées (une pleine page de combat sans dialogue faisant fortement penser à un manga ou les fiches de techniques des gadgets, comme dans un jeu vidéo, par exemple), elle réinscrit la légende dans un style plus classique mais moins torturé et plus fun, digne des grandes séries des années 70 et sans négliger une petite dose d’humour bienvenue, notamment dans la relation entre Wayne/Batman et la docteure Annika Zeller.

Certes, certains personnages sont trop bodybuildés pour être vrais et on sort presque épuisé de la lecture de ce premier volume réunissant les premiers épisodes déjà sortis Outre-Atlantique, tant le scénario enquille les retournements les uns après les autres sans respirer. Mais après plusieurs années particulièrement sombres, Batman redevient ici fun et cela fait du bien.

Olivier Badin

Batman Prime Tome 1 : Ennemi Public n°1 de Matt Fraction & Jorge Jiménez. Urban Comics. 18,50 euros

© Urban Comics / Matt Fraction & Jorge Jiménez