02 Juin

Petit bonhomme : une odyssée muette d’Alexis Bacci et Gregory Panaccione

Toby mon ami, Âme perdue, Un Océan d’amour, Chronosquad ou encore La Petite Lumière : depuis une quinzaine d’années, Grégory Panaccione déploie un imaginaire d’une richesse foisonnante. Il revient aujourd’hui avec Petit Bonhomme, un récit entièrement muet mais éclatant de couleurs, sur un scénario d’Alexis Bacci.

Difficile de résumer un tel album. Disons que Grégory Panaccione et Alexis Bacci nous embarquent sur une planète étrange pour raconter, ni plus ni moins, le monde : le big bang, le chaos, l’apparition de la vie, l’évolution des espèces, la naissance des groupes sociaux… À première vue, l’ambition peut sembler démesurée, mais les auteurs s’en emparent avec une virtuosité désarmante, livrant une fable à la fois sombre et drôle, cruelle et tendre.

Pas un mot, ou presque : quelques onomatopées, parfois des dessins dans les bulles en guise de dialogues. La narration impose un rythme ultra-dynamique, que l’on prend pourtant plaisir à ralentir pour mieux savourer la beauté du trait de Panaccione et sa palette de couleurs, plus riche que jamais, parfois même explosive, à l’image de la couverture.

À travers le parcours d’un minuscule bonhomme, tout bleu, aux yeux ronds comme des billes et aux cheveux noirs comme du charbon, les auteurs abordent, l’air de rien, des problématiques très contemporaines : l’amour vs la haine, avec l’espoir, tenace, que le premier l’emporte. Un récit profondément universel !

Eric Guillaud

Petit bonhomme, d’Alexis Bacci et Gregory Panaccione. Morgen. 27,90€