15 Oct

Le coin des mangas : notre sélection pour les vacances de la Toussaint

Rééditions prestigieuses, séries cultes et belles découvertes : voici douze titres pour tous les goûts, que vous soyez amateur de frissons, de combats épiques ou d’histoires sensibles. De quoi remplir son sac de lecture et oublier un peu la grisaille automnale !

Qui a dit que les mangas ne prenaient pas de place dans une valise ? Si cela reste vrai pour certains, d’autres ont pris de l’embonpoint au fil des éditions deluxe, perfect, double, collector ou prestige. Bleach ne fait pas exception avec cette nouvelle collection deluxe. Le premier tome réunit trois volumes de l’édition classique dans un grand format, avec en bonus une illustration. Le tout pour 19,90 €, soit un peu moins que le prix des trois mangas achetés séparément. Pour le reste, vous retrouverez le protagoniste de la série, Ichigo Kurosaki, un lycéen presque ordinaire de quinze ans aux cheveux roux et aux yeux marron – les premières pages couleur permettent de le vérifier – qui possède un don bien particulier : celui de voir les fantômes. De quoi l’entraîner dans une interminable chasse aux démons. Action à tous les étages ! (Bleach deluxe tome 1, de Tite Kubo. Glénat. 19,90€)

Encore plus gros, encore plus lourd, on continue avec la réédition du cultissime manga de Kentaro Miura, Berserk. Cette nouvelle édition grand format, sous couverture rigide, bénéficie d’une traduction entièrement revue et propose des pages couleurs exclusives. L’occasion rêvée de redécouvrir ce chef-d’œuvre de dark fantasy dans les meilleures conditions. Plongée garantie dans un Moyen Âge plus sombre que jamais, aux côtés de Guts, mercenaire au bras artificiel et à l’épée titanesque, et de Puck, un elfe espiègle issu d’un peuple féerique. Tandis que l’un incarne la violence brute, l’autre en atténue les ténèbres. Bienvenue en enfer. (Berserk tome 6, de Kentaro Miura. Glénat. 24,90€)

Comme le rappelle l’éditeur en ouverture de ce manga, l’underground est un courant artistique japonais d’avant-garde qui a influencé l’ensemble des milieux culturels du pays dans les années 1960. C’est précisément dans ce contexte que se déroule le récit de Suehiro Maruo, qui nous avait éblouis avec son précédent manga, Tomino la maudite. Migeru, le protagoniste principal, est un jeune homme fauché et orphelin qui enchaîne les petits boulots, tantôt dans une usine sidérurgique, tantôt dans un cabaret. Il ne reste jamais plus d’une semaine au même endroit, préférant à chaque fois prendre la fuite. Il faut dire que Migeru a un rêve : devenir mangaka. Et il y travaille. En attendant la gloire et la fortune, il loge chez Sachiko, celle qui pourrait être sa sœur et avec qui il a été élevé après la mort de ses parents. Sachiko, elle, rêve de faire du théâtre. Malheureusement, leurs aspirations à l’un comme à l’autre vont se heurter à une réalité bien plus sombre… Dans le Japon d’après-guerre, l’auteur égratigne les figures de la contre-culture tout en dressant le portrait d’une époque chaotique où les idéaux se heurtent de plein fouet à la rudesse du réel. Un manga surprenant au trait élégant et précis, presque clinique, contrastant avec la noirceur de l’univers dépeint. (Underground, de Suehiro Maruo. Casterman. 22€)

Une série culte. Quarante ans d’existence, des millions et des millions d’albums vendus à travers la planète, des adaptations en films d’animation, en jeux, des produits dérivés comme s’il en pleuvait… et une nouvelle collection pour ce bijou du manga du sieur Akira Toriyama, une collection Full Color et grand format dont la publication a débuté en mai 2024. Cette nouvelle édition reprend les mêmes pages que l’édition traditionnelle mais est divisée en arcs scénaristiques. Le deuxième volet de Freezer est sorti en septembre, le troisième est prévu pour début novembre. (Dragon Ball Full Color, Freezer tome 2, d’Akira Toriyama. Glénat. 14,95€ le volume)

Une autre série culte, One Piece, est arrivée tranquillement à sa 113ᵉ livraison en septembre. De quoi nous faire tourner la tête et propulser la série du Japonais Eiichiro Oda dans le top One du manga le plus lu et le plus connu sur la planète Terre et peut-être au-delà. Plusieurs centaines de millions d’exemplaires vendus à travers le monde, une grosse trentaine en France, un univers unique, un mélange d’aventure, de fantastique et d’humour, et un héros baptisé Lufy qui rêve de devenir le roi des pirates en trouvant le « One Piece », un fameux trésor. (One Piece tome 113, de Eiichiro Oda. Glénat. 7,20€)

Une étrange boutique, dans un étrange village en forme de cœur, tenue par deux étranges personnages. D’un côté, Bon, un garçon-squelette dont le corps n’est constitué que d’os. De l’autre, Riku, dont le corps translucide laisse deviner le squelette. Frère et sœur, tous deux taxidermistes, ils sont là pour répondre aux requêtes les plus étranges de leur clientèle. Comme cet homme qui vient leur demander d’empailler sa femme. Étrange, je vous le disais ! Étrange aussi, cette maladie botanique qui se traduit par une invasion végétale du corps humain et finit par entraîner la mort. Et ce n’est pas fini, tout le manga est à cette image. Un univers singulier, vraiment singulier, signé de la mangaka Makura Kurama, où se mêlent culture européenne, récit fantastique, touche gothique et élans poétiques. (Bienvenue dans l’étrange boutique d’antiquités, de Makura Kurama. MoonLight / Delcourt. 14,90€)

Et une intégrale, une ! Celle-ci réunit les trois volumes de H.E. The Hunt for Energy, publiés en 2013 et 2014 aux éditions Tonkam dans leur version française. On y retrouve bien évidemment le héros, Hiro Narushima, 28 ans, un employé de bureau ordinaire qui possède toutefois une petite singularité : il est capable de voir les flux d’énergie. Ce qu’il considérait comme un fardeau se transforme soudain en superpouvoir lorsqu’il rejoint une équipe de chasseurs d’énergie recrutés par la JEC (Japanese Energy Corporation), une entreprise spécialisée dans l’industrie pétrolière. Dans le contexte de l’après-Fukushima, marqué par le séisme et le tsunami de 2011, cette équipe est chargée de dénicher la source d’énergie du futur ! Mais laquelle ? Réponse au bout des 576 pages de l’album.  (H.E. – The Hunt for energy (intégrale), de Boichi. Delcourt / Tonkam. 19,99€)

Envie de frissonner ? Vous êtes au bon endroit. Baptism, le manga horrifique de Kazuo Umezz, initialement publié en France chez Glénat entre 2006 et 2007, fait son retour dans une nouvelle édition en quatre volumes et dans un format plus adapté. L’occasion de découvrir ou redécouvrir dans de meilleures conditions le graphisme saisissant de cet auteur japonais, malheureusement décédé en 2024. Récompensé par un Fauve d’honneur (prix du patrimoine) au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 2018 pour Je suis Shingo, Kazuo Umezz nous entraîne dans un univers aussi sombre qu’inquiétant, où l’horreur se mêle aux secrets les plus troubles. Tout commence sur un plateau de tournage où une célèbre actrice obsédée par sa beauté, voit son visage se dégrader à cause d’une affreuse tache et de multiples rides… (Baptism, de Kazuo Umezu. Glénat. 14,95€)

Dix-huit tomes attendus, quinze sont d’ores et déjà disponibles, les éditions Glénat nous offrent une réédition en grand format et en volumes doubles, de quoi profiter pleinement du dessin de Hiro Mashima et de cette histoire à la Dragon Ball qui débute dans un monde sur le point de basculer dans les ténèbres, cinquante ans après une guerre qui a opposé les Rave, les pierres sacrées, aux Dark Bring, les pierres maléfiques, et vu la victoire des Rave. Pour éviter que les Dark Bring reprennent le dessus, il faut un sauveur, ce sera Haru, un jeune garçon aux cheveux argentés plein de ressources, doté d’une épée gigantesque et toujours accompagné de Plue, un petit animal qui ressemble étrangement à un bonhomme de neige. Ensemble, ils vont lutter contre les Dark Bring et l’organisation criminelle Demon Card. La première grande série de l’auteur de Fairy Tail ! (Rave, tome 15, de Hiro Mashima. Glénat. 14,95€ le volume)

Décédé en 2017, Jirô Taniguchi n’en reste pas moins l’un des maîtres du manga et, plus largement, du neuvième art tel qu’on le conçoit en France. Fortement influencé par la bande dessinée européenne, mais profondément ancré dans la culture japonaise, le mangaka a développé un style singulier, à la croisée de ces deux traditions. De L’Homme qui marche au Journal de mon père, en passant par Quartier lointain, Enemigo, Furari, Au temps de Botchan, Le Gourmet solitaire, Sky Hawk ou encore Les Années douces, il a construit une œuvre personnelle et humaniste, empreinte d’une immense sensibilité. Invitations réunit les derniers récits de l’auteur. Dans Quelque part, Taniguchi s’empare de la figure de Lafcadio Hearn, écrivain d’origine irlandaise qui adoptera la nationalité japonaise en 1896 sous le nom de Yakumo Koizumi, pour nous entraîner dans une déambulation au cœur du Japon de la fin du XIXᵉ siècle. Dans Feux d’artifice, l’auteur nous offre un magnifique récit onirique, malheureusement resté inachevé. Dans les dernières pages publiées ici à l’état de crayonnés, le trait de Taniguchi semble s’effacer peu à peu, comme une ultime trace laissée par ce géant au monde des vivants. Un ouvrage forcément indispensable pour les amoureux de Taniguchi. (Invitations, de Jirô Taniguchi. Casterman. 20€)

C’est une histoire d’épicier. Mais d’épicier épicé. Du genre qui ne vend pas que des légumes. Taro Sakamoto, c’est son nom, a beau avoir un léger embonpoint, une moustache à la papa, des lunettes de myope, il est à lui seul un mythe, une légende, un ex-tueur admiré de tous ses congénères, craint par tous les gangsters. Oui, Sakamoto l’épicier avait le flingue facile avant de raccrocher, de se marier, d’avoir un enfant et de s’installer comme épicier. Une vie pépère jusqu’au jour où le jeune assassin télépathe Sin débarque dans la supérette. Vous voulez de l’action ? Alors, vous en aurez, Sakamoto Days est un concentré d’énergie au rythme de parution effréné. Prochain volume en janvier. (Sakamoto Days tome 23, de Yuto Suzuki. Glénat. 7,20€)

Direction la seconde moitié du XXIᵉ siècle. La Terre agonise sous l’effet du changement climatique, de la surpopulation et de l’épuisement des ressources. Dans ce contexte, les humains ont cherché une solution de repli du côté de l’espace. Mais un siècle plus tard, les colons doivent faire face à un autre fléau, de mystérieuses créatures qui portent le nom de star beasts. Pour les combattre, les humains construisent des AIGIS, des armures robotiques. C’est dans l’usine qui les fabrique que travaille Ryu Tyker, un homme ordinaire qui, confronté à une situation extraordinaire, va devenir un héros… Des créatures monstrueuses, des vaisseaux spatiaux, des armures XXL, un univers riche et de l’action à tous les étages : Hero Organization nous offre une sacrée virée dans le futur ! (Hero Organization tome 3, de Kei Saikawa et Akira Takahashi. Glénat. 7,20€)

Eric Guillaud