01 Mar

De Tintin à La Vache qui rit, mais qui est donc Benjamin Rabier ? Une exposition rend hommage à l’illustrateur à Moulins

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Il se cache derrière La Vache qui rit et le sel La Baleine, il a créé Gédéon le canard au long cou et inspiré Hergé. A Moulins, une exposition rend hommage à l’illustrateur Benjamin Rabier dont le coup de crayon est passé à la postérité.

La rétrospective « Il n’y a pas QUE la vache qui rit » se tient jusqu’au 31 août 2015 au Musée de l’Illustration Jeunesse (MIJ) à Moulins. Elle réunit une foisonnante collection de dessins originaux, objets, jouets, meubles et autres affiches publicitaires de ce pionnier de la bande dessinée et du dessin animé.

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Claude Bouchet avec AFP

30 Jan

Les mains invisibles, un voyage au bout de l’enfer signé du Finlandais Ville Tietäväinen

9782203089198Fuir. Fuir la misère et l’humiliation, partir pour revenir au pays en héros, riche et couvert de gloire. Une quête du paradis ou, déjà, d’un meilleur vivre qui va jeter le jeune marocain Rachid sur la route de l’enfer.

Une route qui commence sur l’eau. Entassé dans une barquette qui n’arrivera pas à bon port. Rachid échappe de peu à la noyade, s’écroule de fatigue dans un bosquet pas loin de la plage, se fait ramasser par la Guardia Civil et emmené là où on a besoin de main d’oeuvre à pas cher. « Ici, vous n’avez pas de nom, ni de visage… que vos mains« , le prévient-on. Pas de nom, pas de maison non plus, une baraque sans eau, sans électricité, fait office de logement. Bienvenue en Espagne, plus précisément du côté d’Almería. Des serres à perte de vue, des clandestins par milliers qu’on laisse tranquille pourvu qu’ils soient rentables et discrets. De gentilles petites mains invisibles…

Publié initialement en Finlande où il a reçu le Prix Finlandia puis en Allemagne, où il a été nommé pour le prix Max und Moritz, ce récit de Ville Tietäväinen raconte la descente aux enfers d’un jeune homme prénommé Rachid mais qui aurait tout aussi bien pu s’appeler Mohamed, Youssef ou Fadil. Un jeune homme comme les autres qui rêve d’une vie meilleure et accepte pour ça l’inacceptable. Les Mains invisibles est un récit dense, âpre, hyper-réaliste qui a nécessité à l’auteur plus d’un an d’enquête en Espagne et au Maroc. Et au final, un témoignage bouleversant !

Eric Guillaud

Les Mains invisibles, de Ville Tietäväinen. Editions Casterman. 27 €

11 Jan

Charlie Hebdo : les éditeurs s’unissent pour publier un album collectif en hommage aux victimes

Et maintenant, qu’est ce qu’on fait ? La question est sur toutes les lèvres depuis ce funeste 7 janvier, jour de l’attentat dans les locaux de Charlie Hebdo. Oui, qu’est qu’on fait ? La France est dans la rue, les hommages sont mondiaux, le festival de la BD d’Angoulême annonce la création du « Prix Charlie de la liberté d’expression » et une vingtaine de maisons d’édition unissent leurs forces pour publier en février un album-hommage dont les bénéfices seront intégralement reversés aux familles des victimes des attentats. Une union sacrée, une première !

Bien sûr, certains diront que c’est peu face à l’ampleur du drame, mais c’est déjà beaucoup. Toutes les initiatives sont bonnes. Cet album qui devrait compter entre 200 et 300 pages sortira en février. « Son contenu sera une sélection de planches, strips et autres gags piochés au sein de la production pléthorique de dessins réalisés spontanément par des dessinateurs et illustrateurs professionnels depuis le 7 janvier », précise un papier du monde.fr posté le 10 janvier.

Casterman, Dargaud, Delcourt, Drugstore, Dupuis, L’Ecole des loisirs, Fluide glacial, Futuropolis, Glénat, Jungle, Kana, Le Lombard, Panini, Soleil, Steinkis, Urban Graphic, Vents d’Ouest ont d’ores et déjà annoncé leur participation. Des éditeurs indépendants devraient les rejoindre dans les jours à venir.

Eric Guillaud

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Attentat à Charlie Hebdo : le journaliste Denis Robert appelle à transformer le prochain festival BD d’Angoulême en « lieu de résistance contre le fanatisme et la barbarie »

Interviewé par nos confrères de France 3 Poitou – Charente, Denis Robert qui est en train d’achever un documentaire sur Cavanna, figure emblématique de Charlie-Hebdo, réagit à l’attentat qui a fait 12 morts parmi lesquels les 4 dessinateurs Cabu, Charb, Wolinski et Tignous.

À la question de savoir si le festival de la BD d’Angoulême ne va pas se tenir dans des conditions particulières cette année, le journaliste répond :

« Il faut bien sûr qu’il ait lieu, ce Festival de la BD. Il faut même le transformer en lieu de résistance contre le fanatisme et la barbarie. Nous devons être forts et solidaires, montrer que ce genre d’attentat ne peut pas avoir d’incidence sur la liberté de la presse. C’est exactement les thèmes qui sont abordés dans mon film sur Cavanna »

L’intégralité de l’interview ici

Attentat à Charlie Hebdo : Cabu, Charb, Tignous et Wolinski parmi les morts

Les dessinateurs Cabu, Charb, Tignous et Wolinski, figures historiques de Charlie Hebdo, ont été tués ce matin dans l’attaque qui a fait au moins 12 morts et plusieurs blessés graves au siège de l’hebdomadaire.

Le président de la République, qui s’est très rapidement rendu sur place, a parlé d’un attentat terroriste. Depuis, le plan Vigipirate a été relevé à son maximum.

Charb, alias Stéphane Charbonnier, occupait le poste de directeur de la publication depuis le départ de Philippe Val en 2009. Il a notamment travaillé pour L’Echo des Savanes, Télérama, Fluide Glacial, L’Humanité…

Cabu, qui a lui-aussi travaillé pour quantité de périodiques comme Rock & Folk, La Grosse Bertha, Le Figaro, Le Monde, Hara-Kiri…, a publié de nombreux albums dont Le Grand Duduche, L’Ennemi intérieur, Mon boeuf…

Tignous collaborait à Charlie Hebdo, bien sûr, mais aussi à Fluide Glacial…

Wolinski a collaboré au journal Action, à Paris-Presse, L’Humanité, Le Nouvel Observateur, Paris Match…

Parmi les autres victimes figurent Honoré, dessinateur, Mustapha Ourra, correcteur, Bernard Maris, économiste, Elsa Cayat, psychiatre et psychanalyste, Michel Renaud, président fondateur du Carnet de voyage clermontois, Frédéric Boisseau, agent d’entretien, Ahmed Merabet, policier, Franck Brinsolaro, policier.

 

Eric Guillaud

Le Charlie daté du 7 janvier 2015

Le Charlie daté du 7 janvier 2015

19 Déc

In Bed, une partie de plaisir signée Lydia Frost et Jean-Philippe Kalonji chez Delcourt

9782756041599_1_75Eloignez les enfants et les âmes prudes, In Bed – sans Madonna – nous embarque pour une histoire de sexe absolument torride dans un New York chic et branché avec dans l’ordre d’apparition sous la couette, Rachel une bombe sexuelle, écrivain à succès, mariée et mère de famille, et Luka, un beau gosse, juriste reconnu, lui-aussi marié et père de famille.

Addiction, tourments, culpabilité, mensonges, remords, cette histoire d’adultère fait le tour ou presque de la question dans une mise en scène exceptionnelle signée par le tandem Frost-Kalonji. Une idée de cadeau pour son ou sa chérie ? Peut-être mais attention à ne pas faire naître de suspicions inutiles…

Pour des lecteurs et lectrices avertis

Eric Guillaud

In Bed, de Lydia Frost et Kalonji. Editions Delcourt. 15,95 € 

14 Déc

Les Tuniques bleues en intégrale

LgHjh1TUeNirOvAYUxEJgFjr4JYRQnBc-couv-1200Dire qu’on ne lui prêtait aucun avenir aux éditions Dupuis. C’était en 1961 et Raoul Cauvin venait tout juste de se marier.  La peur de se retrouver à la rue, sans un sou, il accepte tous les petits boulots jusqu’au jour où le directeur Charles Dupuis tombe sur ses croquis et lui propose d’écrire des scénarios.

De fil en aiguille, il se retrouve à la tête des aventures des Tuniques Bleues qui font leur apparition dans le journal Spirou le 29 août 1968. Très vite, c’est le succès. Les Tuniques Bleues, crées pour combler le vide laissé par le départ de Morris et de son cow-boy Lucky Luke, deviennent une série phare du journal et plus largement du Neuvième art. Les aventures dessinées par Salvérius dans un premier temps seront reprises, à la mort de celui-ci, en 1972, par Lambil. Alors que le 58e épisode, Les Bleus se mettent au vert, vient tout juste de sortir, les éditions Dupuis lancent l’intégrale des Tuniques bleues.

Le premier volet réunit quatre histoires, Un chariot dans l’ouest, Du nord au sud, La Grande patrouille, Des Bleus et des Tuniques, ainsi que des mini récits et un dossier passionnant signé Patrick Gaumer illustré de photos issues des archives de la famille Salvérius. Un grand, très grand, classique.

Eric Guillaud

Intégrale Les Tuniques Bleues, de Cauvin et Salvérius. Editions Dupuis. 24 €

12 Déc

Louis de Funès, une vie de folie et de grandeur en bande dessinée

album-cover-large-24654Il a marqué l’histoire du septième art comme peu d’acteurs peuvent le faire à ce point. Mort en 1983 à Nantes, il y a 31 ans, le comique de Louis de Funès reste aujourd’hui encore une référence pour beaucoup et son personnage de maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot la première image qui nous vient à l’esprit à son propos.

Mais Louis de Funès n’est pas seulement le gendarme de Saint-Tropez. Sa carrière cinématographique et théâtrale est extrêmement riche même si le succès arrive relativement tard, à la quarantaine passée. Une carrière intense et une vie privée surprenante. A commencer par ce père qui ruine la famille dans un opaque trafic de diamants, avant de disparaître de la circulation. On le croit mort jusqu’au jour à la mère de Louis le retrouve des années plus tard vivant comme un clochard en Amérique du Sud. Elevé dans l’angoisse du lendemain, Louis fait rire très jeune mais il commence sa vie professionnelle comme pianiste aux côté d’un certain Edouard Ruault qui se fera connaître plus tard sous le nom d’Eddie Barclay. C’est ensuite le cours Simon, les premiers petits rôles… et puis tout s’enchaîne, le cinéma en journée, le théâtre en soirée, le cabaret la nuit… et des films, beaucoup de films, La Traversée de Paris, Oscar, La Belle américaine, Le Gendarme de St Tropez…

C’est tout cela et bien plus que racontent le scénariste François Dimberton, grand admirateur du comédien, et le dessinateur Alexis Chabert. Avec un humour appuyé par quelques répliques et mimiques célèbres de l’acteur, et un petit côté graphique décalé, ils survolent cette vie fascinante à deux faces, d’un côté la star dont le talent de comédien imprime la pellicule pour l’éternité, de l’autre l’homme, le commun des mortels, que l’on dit timide et anxieux, souvent rongé par la peur de ne plus avoir de travail du jour au lendemain. Plus qu’un bel album, un bel hommage !

Eric Guillaud

Louis de Funès, de Dimberton, Chabert, Paillat. Editions Delcourt. 16,95 €