21 Juil

Exposition : Métal Hurlant et (A Suivre), deux magazines emblématiques du 9e art, deux histoires parallèles…

Le musée de la bande dessinée à Angoulême propose jusqu’au 26 octobre 2014 l’exposition « 1975-1997: la bande dessinée fait sa révolution », une plongée inédite dans les pages de Métal Hurlant et (A Suivre), deux magazines qui ont profondément contribué à la naissance d’un art majeur, neuvième de la liste. Parmi les auteurs exposés, Baru, Ted Benoît, Boucq, Comès, Moebius, Muñoz, Peeters, Pratt, Schuiten, Druillet… que des grands noms.

Le reportage de France 3 Poitiers

11 Juil

Un festival Spirou à Bruxelles pour la rentrée

Festival_SPIROU_PTAprès les éditions Delcourt, c’est au tour des éditions Dupuis et plus spécifiquement de son entité magazine, le journal Spirou, de se lancer dans l’aventure du festival.

La première édition du festival Spirou se tiendra à Bruxelles du 5 au 7 septembre avec au menu des conférences, des séances de dédicaces, des projections de films, des expositions, des ateliers… le tout en présence d’une bonne cinquantaine d’auteurs.

Vive la rentrée !

Eric Guillaud

26 Juin

Japan Expo à Paris : le festival fête son quinzième anniversaire

2969Le festival de la culture et des loisirs japonais ouvre ses portes mercredi 2 juillet pour 5 jours de fête autour de la musique, du cosplay, du cinéma, de la web culture, des jeux vidéos… et bien sûr de la bande dessinée, autrement dit le manga.

Parmi les invités d’honneur cette année, le mangaka Izumi Matsumoto célèbre pour son travail sur le manga Kimagure Orange Road, aussi connu en France pour son adaptation en anime sous le titre de Max et Compagnie. … Sont également attendus 326, Elsa Brants, Kachou Hashimoto, Kamui Fujiwara; Usuke Nakamura…

Toutes les infos utiles ici

Le Japonais Jirô Taniguchi au festival d’Angoulême en janvier 2015

Le FIBD vient de l’annoncer officiellement par un communiqué de presse : le célèbre mangaka Jirô Taniguchi sera l’un des principaux invités de la 42e édition du festival qui se tiendra en janvier 2015.

L’auteur de L’homme qui marche, Le Journal de mon père, Quartier lointain, Enemigo, Furari, Au temps de Botchan, Les Années douces se verra consacrer une grande exposition monographique intitulée Taniguchi, l’homme qui rêve, qui proposera au visiteur, selon le FIBD, de « cheminer à travers quatre décennies de création tous azimuts en bande dessinée. Du récit intimiste au polar hard boiled, du western à la fresque historique, de la saga animalière à l’aventure sportive, du carnet de voyage à l’adaptation littéraire ou l’autobiographie, le maître japonais s’est en effet confronté à la plupart des genres dominants du 9e art, acquérant ainsi au fil des années un statut rare de « passeur » entre Orient et Occident, qui confère à son oeuvre une dimension universelle. C’est cette oeuvre foisonnante qui sera au rendez-vous du Festival, pour témoigner avec empathie, sensibilité et pudeur, par-delà de la diversité des formes et des thèmes, de l’humanisme d’un auteur majeur… »

© Casterman / Taniguchi

© Casterman / Taniguchi

13 Juin

Billets d’amour ou la grande aventure du couple selon Romain Ronzeau

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Et si l’amour, le vrai, le grand, le fou, celui qui dure toute une vie, commençait tout simplement par un échange de mug ?

Je te prête mon mug Batman, tu me prêtes ton mug au coeur rose. De l’ordre du banal pensez-vous ? Et pourtant, une vie de couple épanouie commence par tous ces petits moments à priori anodins. Si vous ne me croyez pas, alors jetez-vous sur le nouveau recueil de Romain Ronzeau tendrement intitulé Billets d’amour. Après Carnets de mariage, qui portait donc sur le mariage, l’auteur poursuit dans ces nouvelles pages l’exploration de la vie intime et sentimentale du couple. Et on y a apprend énormément de choses essentielles comme bien dormir à deux, enfiler une housse de couette, arrêter de lire des BD aux toilettes, faire des compliments à son amoureux ou reuse, envelopper le poulet du dimanche avec du film plastique…

C’est drôle, c’est fin, ça se lit sans fin et, au final, ça fait du bien par où ça passe !

Eric Guillaud

Billets d’amour, de Romain Ronzeau. Editions Delcourt. 14,95 

© Delcourt / Ronzeau

© Delcourt / Ronzeau

22 Mai

Festival BD de Puteaux : 11e édition

Festival Bd Puteaux 2014

Festival Bd Puteaux 2014

Il se veut le plus grand festival de BD d’Île de France. Pour le vérifier, le plus simple c’est de prendre la direction de Puteaux ce week-end pour sa 11e édition sur 3 jours, les 23, 24 et 25 mai 2014.

Vous aimez l’Histoire et la bande dessinée historique ? Des compagnies seront là  pour essayer de vous faire voyager dans le temps ! Celtes, Romains, Vikings, Chevaliers, Médiévistes, Sans-culottes, Poilus. Toutes les époques et tous les styles déambuleront durant tout le 11e Festival BD de Puteaux.

Invité mis à l’honneur : Roman Surzhenko, le dessinateur qui a donné vie aux Mondes de Thorgal.
Découvrez l’histoire de l’Enfant des Étoiles recueilli par les vikings, créé par Grzegorz Rosinski (pour avoir de ses nouvelles, c’est ici). Une exposition en partenariat avec la Compagnie du Clan du Westfold sur l’Esplanade de l’Hôtel de Ville.

Dans le Palais de la médiathèque, un mur de la BD est prévu pour laisser courir vos feutres et votre imagination. Un atelier graphique sur tablette numérique accueillera vos enfants de 7 à 14 ans. Vous pourrez également assister à des performances en direct par des auteurs du festival.

Bon à savoir : À l’occasion du 11e Festival BD de Puteaux, la Ville organise un concours destiné aux nouveaux talents pour valoriser leur travail et leur permettre de rencontrer des professionnels de la bande dessinée. Vous avez plus de 14 ans et vous n’avez jamais été publié. Les participants doivent réaliser une planche de format A3 (29 cm x 42 cm) sur le thème : « L’HISTOIRE DANS LA BD » Le règlement et des planches vierges sont à leur disposition dans les Médiathèques de Puteaux et sur www.mediatheques.puteaux.fr Les travaux doivent être déposés au plus tard le 30 avril à 18 heures, dans une des trois Médiathèques de la Ville, ou par mail à festivalbd@mairie-puteaux.fr Les meilleures planches seront exposées durant le Festival. Les lauréats seront sélectionnés par un jury composé de professionnels de la BD présents au Festival, et la remise des prix aura lieu le samedi 24 mai 2014. 1er prix : 1 planche originale et 1 publication 2e prix : 1 dessin original 3e prix : 1 dessin original

Enfin si la chasse aux dédicaces est votre sport de combat préféré, ne manquez pas Hardoc (La guerre des Lulus 1914), Francis Bergèse (Buck Danny), ou encore Michel Blanc-Dumont (La Jeunesse de Blueberry).

Plus de 60 auteurs sont annoncés :

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11 Mai

Journal de Spirou : une nouvelle enquête pour Jérôme K. Jérôme Bloche

photoLe plus sympathique des détectives privés de tout l’univers et au-delà fait son retour dans le numéro 3970 du journal Spirou en date du 14 mai 2014.

Après Post Mortem, voici donc une nouvelle aventure comme toujours plus psychologique que tonitruante. Dodier qui nous confiait lors d’une interview en 2012 son attachement très fort à ce personnage comme à son métier nous entraîne cette fois du côté d’un village de montagne rayé de la carte suite à la construction d’un barrage. Ça vous rappelle quelque chose ?

« J’avais lu énormément d’articles sur le barrage du Chevril en Savoie, auquel s’étaient opposés les habitants de Tignes… », confie l’auteur dans une interview accordée au journal Spirou, « Mais ils ont perdu la cause, et le barrage fut inauguré en 1953, tandis qu’on reconstruisit un nouveau village un peu plus haut. Cela me fascinait d’autant qu’on pouvait occasionnellement vider le barrage pour l’inspecter, ce qui faisait ressurgir les ruines du village… »

L’Ermite est le titre de ce nouvel épisode !

Eric Guillaud

30 Avr

Le magazine Spirou sur Ipad via le kiosque d’Apple

Capture d’écran 2014-04-30 à 15.57.3876 ans et une forme olympique, presque indécente ! Après avoir fêté en grande pompe ses 75 ans l’an passé, le magazine Spirou débarque aujourd’hui sur iPad via le kiosque d’Apple.

Depuis le 21 avril 2014, le mythique journal de Spirou est disponible sur la tablette d’Apple dans son intégralité accompagné de ses nombreux personnages phares comme le Marsupilami, Gaston, Les Nombrils, Seuls, Lucky Luke, Le Petit Spirou, Nelson, Les Tuniques Bleues et bien d’autres encore.
L’application propose, non seulement, une parution de l’hebdomadaire en simultané avec les kiosques physiques traditionnels, mais également l’accès 24h/24 et 7j/7 aux anciens numéros du journal…
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Eric Guillaud

14 Avr

2014 : Gotlib a 80 ans !

Les mondes Gotlib - Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme

Les mondes Gotlib – Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme

Et pour fêter cet anniversaire, qui aura lieu précisément le 14 juillet, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, rue du Temple à Paris, lui ouvre ses portes. L’exposition, intitulée Les Mondes de Gotlib, vient de démarrer depuis quelques semaines. Elle prendra fin le 27 juillet. L’occasion pour les lecteurs de 77 ans  – et plus ! – de redécouvrir une des figures incontournables de la bande dessinée française. L’opportunité pour les plus jeunes de faire connaissance avec un amoureux des lettres, des mots et de la culture.

L’affiche de l’exposition confronte d’emblée le visiteur à l’un des thèmes essentiels de Gotlib : le comique du pastiche et de la parodie. Un comique aux références culturelles donc. Ici, un autoportrait qui s’inspire du personnage d’Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Une référence qui inscrit le dessinateur dans un univers de la violence au service d’une réflexion sur l’Homme. Les « saynètes » ou « historiettes » – comme Gotlib se plaisait à appeler ses créations – mettent en effet en image les contradictions inhérentes à la nature humaine.

Car ce qu’entend montrer la première partie de cette exposition, c’est que la question du rire chez Gotlib est intimement liée au paradis perdu de l’enfance et au traumatisme de la Shoah. Marcel Gottlieb (L’orthographe de son vrai nom) est né au sein d’une famille juive hongroise, immigrée à Paris dans les années 1920. Son enfance heureuse, dans le quartier de Montmartre, est bouleversée par l’obligation de porter l’étoile jaune, un épisode qu’il raconte dans son autobiographie J’existe, je me suis rencontré :

J'existe je me suis rencontré - Gotlib - Dargaud

J’existe je me suis rencontré – Gotlib Dargaud

« J’avais huit ans, et je ne savais pas que j’étais juif moi-même. A l’école, les copains ne parlaient que de ces pourris de youpins, répétant probablement ce qu’ils entendaient de leurs parents. Comme je ne savais pas trop qui étaient ces salauds, j’avais tendance à opiner du bonnet, pour ne pas avoir l’air con. Un beau jour, quand ma mère m’a cousu l’étoile jaune, l’étoile de shérif comme disait Gainsbourg, j’ai réalisé que je faisais partie des salauds de pourris de youpins en question. Pour employer un euphémisme … ça m’a fait un choc. »

La disparition de son père, Ervin, arrêté en septembre 1942 par la police française, conduit à Drancy puis déporté, constitue le second « choc »  pour le jeune Marcel. La famille ne reverra plus celui qui en 1939 s’était engagé volontairement dans l’armée française. Commence alors une course pour la survie : Marcel et sa jeune sœur Liliane échappent à une rafle en 1943 ; ils sont ensuite cachés, grâce à des religieux catholiques, chez des fermiers en Eure et Loire.

Chanson aigre douce - Gotlib - Dargaud

Chanson aigre douce – Gotlib – Dargaud

Ces traumatismes imposés par l’Histoire ne vont directement apparaître que dans deux des créations graphiques de Gotlib. La première, publiée en 1969 dans Pilote, s’intitule Chanson aigre-douce et met en scène un petit garçon de 8 ans qui est hébergé par une famille de paysans dans les années 1940. Un jour d’orage, troublé par une comptine dont il ne comprend pas vraiment la signification (« Leblésemouti, Labiscouti, Ouleblésmou, Labiscou »), l’enfant se réfugie dans l’étable de la ferme en compagnie d’une chèvre qu’il a adoptée et qu’il caresse tendrement. Ce n’est qu’une fois adulte qu’il fera le rapprochement entre cet « habit » qui se « coud » et le port de l’étoile jaune sous le régime de Vichy.©

La Coulpe de Gotlib

La Coulpe de Gotlib

Quatre ans plus tard, dans L’Echo des Savanes, Gotlib publie une bande dessinée en 15 planches, intitulée La Coulpe, pour évoquer les affres de la création artistiques et les doutes personnels qui l’assaillent. Les quatre vignettes de la planche d’ouverture présentent un petit garçon, vu de dos, qui fait une farce à un camarade de son âge. Il l’asperge d’eau, un peu à la manière des clowns. Mais la dernière vignette constitue une chute narrative brutale : ce n’est pas une fausse fleur qu’il a cousue sur sa veste, mais l’étoile jaune ; et d’un air triomphant, l’enfant proclame :

« Je viens de saisir le sens de l’expression humour grinçant. De beaux jours se préparent ! »

 Si Gotlib s’est toujours montré très pudique quant à son histoire familiale, on peut quand même considérer que tout son art se nourrit de ces épreuves personnelles. Ainsi, en 1968, dans deux planches intitulées Manuscrit pour les générations futures, le dessinateur a raconté la destruction des Halles de Paris en prenant comme protagonistes des rongeurs. Le déménagement du marché central vers Rungis est vécu par le « peuple des rats » comme un « grand cataclysme » (shoah en hébreu) car il donne lieu à une opération de dératisation de grande ampleur, à l’aide d’un gaz nommé « le fléau ». Une métaphore évidente de la destruction du ghetto de Varsovie, et au-delà de la politique nazie d’extermination des juifs.

Superdupont gravissant la Tour Eiffel - Gotlib (C) Fluide Glacial

Superdupont gravissant la Tour Eiffel – Gotlib(C) Fluide Glacial

Plus généralement, le comique qu’il pratique, et notamment l’usage massif de l’autodérision, conduit à le classer parmi les représentants de « l’humour juif ». Le personnage de Superdupont qu’il invente est à voir comme « un concentré pathétique et ridicule de la médiocrité d’une France vichyste, xénophobe, arc-boutée sur ses mythes identitaires » (Paul Salmona, préface du catalogue de l’exposition). Son goût pour l’anticonformisme, sa condamnation de toute forme de censure, s’inscrivent dans son rejet des morales étriquées ou excessives. Sa manière de s’affranchir des conventions de la case de bande dessinée, en donnant une place essentielle au texte, et surtout à la graphie des mots, serait également à relier à la fonction des lettres dans la tradition juive : « un monde dont le sens est caché » (Anne-Hélène Hoog, dans le catalogue de l’exposition.

Gotlib a interrompu sa carrière de dessinateur au milieu des années 1980. Cette exposition est la première rétrospective à réunir une sélection de 150 planches originales, complétées par des archives photographiques personnelles, ainsi que par des documents écrits et audiovisuels. Vous pourrez apprécier à sa juste mesure l’extrême précision de son coup de crayon.

Hors-série Fluide Glacial Pilote - Spécial Gotlib

Hors-série Fluide Glacial Pilote – Spécial Gotlib

Pas de panique si vous avez des enfants : les planches les plus osées n’ont pas été retenues. Mais il s’agit plus d’un parti pris que d’une censure, en commun accord avec le dessinateur lui-même.

Loretta Giacchetto

A parcourir pour en savoir plus sur Gotlib par Gotlib et le hors-série collector qui rassemble des planches parues dans Fluide glacial et dans Pilote

Ainsi que l’expo en photo vu par Dargaud et les premières pages du catalogue de l’exposition.