L’avantage avec les mangas, c’est qu’ils ne prennent pas beaucoup de place dans les valises… sauf, bien sûr, si vous décidez d’en emporter une étagère entière ! Pour les vacances, une petite sélection bien sentie suffit. En voici une, entre douceur, aventure, amour, humour et frissons…
On commence en douceur avec un petit plongeon dans Mofusand, un univers imaginé par la Japonaise Juno qui a déjà conquis près de 770 000 abonnés sur Instagram avec ses chats tout mignons, mais surtout garantis sans poils sur votre canapé ! Deux ouvrages viennent de paraître aux éditions Soleil. Si le premier, Requin-Miaou, propose une série d’histoires très courtes en quatre cases, je lui préfère Parler japonais avec Mofusand, qui nous plonge dans l’univers décalé et irrésistible de Juno tout en nous permettant d’apprendre quelques rudiments de japonais. Comment se dit Trop mignon, Puis-je le caresser ou encore Ne me griffe pas ? Vous le
saurez en lisant ce livre au format manga mais qui se lit dans le sens de lecture européen. (Parler japonais avec Mofusand, de Juno. Soleil Manga. 12,99€ et Mofusand Requin-Miaou, de Juno. Soleil Manga. 9,99)
Blame!, Biomega… Tsutomu Nihei s’est fait connaître au Japon comme en Europe avec des récits de science-fiction sombres, désespérés, violents, oppressants et organiques, à l’identité graphique immédiatement reconnaissable. Ses œuvres sont d’ailleurs récemment rééditées en version Deluxe aux éditions Glénat. Il revient aujourd’hui avec un récit de fantasy, Tower Dungeon, graphiquement
un peu moins torturé, mais toujours aussi percutant et efficace. Au cœur de l’histoire, une princesse enlevée par un nécromancien maléfique et enfermée dans la tour des dragons. Pour la libérer, la garde royale va devoir affronter quelques délicieux monstres. Le quatrième volet vient de sortir, le cinquième est annoncé pour novembre. (Tower Dungeon, tome 4, de Tsutomu Nihei. Glénat. 7,90€)
Un amour naissant, un amour pastel, à l’image des douces couleurs qui habillent les pages de ce diptyque paru aux éditions Casterman et signé Ito. Miho et Murata viennent tous deux de faire leur rentrée en seconde. Ils ne se connaissent pas encore, ne connaissent personne, mais sont rapidement attirés l’un par l’autre. Les premiers regards, les premiers mots, les premiers gestes parfois maladroits, les
premiers émois, les premiers baisers, les premiers moments de délice, les premiers malentendus… L’autrice capte et retranscrit avec justesse et sensibilité ces instants que l’on a tous vécus ou que l’on vivra un jour : l’éveil du désir et de l’amour. (Les Années bleues, de Ito, série en 2 tomes. Sakka / Casterman. 10,95€ le volume)
Une série culte. Quarante ans d’existence, des millions et des millions d’albums vendus à travers la planète, des adaptations en films d’animation, en jeux, des produits dérivés comme s’il en pleuvait… et une nouvelle collection pour ce bijou du manga du sieur Akira Toriyama, une collection Full Color et grand format dont la
publication a débuté en mai 2024. Cette nouvelle édition reprend les mêmes pages que l’édition traditionnelle mais est divisée en arcs scénaristiques. Le premier volet de Freezer est sorti cet été, le deuxième est prévu pour début septembre. (Dragon Ball Full Color, Freezer tome 1, d’Akira Toriyama. Glénat. 14,95€ le volume)
Gao Yan nous avait déjà éblouis par son talent au début de l’année 2025 avec sa première œuvre publiée aux éditions Sakka, le diptyque The Song about Green. Elle revient aujourd’hui avec Sukima, un récit sensible et intimiste qui confirme toute la finesse de son regard d’autrice, déployant une grande délicatesse, aussi bien dans le dessin que dans le propos. Cette fois, Gao Yan nous guide sur les pas de Yang Yang, 22 ans, étudiante taïwanaise en quête d’échappatoire. Pour fuir le deuil de sa grand-mère et une relation amoureuse douloureuse,
elle part pour Okinawa, au Japon, dans le cadre d’un échange universitaire. Dès son arrivée, un typhon l’accueille, comme un écho à la tempête qui l’habite. Entre découvertes et rencontres, elle tente de se reconstruire, mais les fantômes du passé peinent à la laisser en paix. Un récit d’émancipation tout en subtilité, où l’intime se mêle au politique et où Gao Yan explore avec justesse les fragilités, les blessures et le lent chemin vers la reconstruction. (Sukima, tome 2, de Gao Yan. Sakka / Casterman. 14,50€)
C’est une histoire d’épicier. Mais d’épicier épicé. Du genre qui ne vend pas que des légumes. Taro Sakamoto, c’est son nom, a beau avoir un léger embonpoint, une moustache à la papa, des lunettes de myope, il est à lui seul un mythe, une légende, un ex-tueur admiré de tous ses congénères, craint par tous les gangsters. Oui, Sakamoto l’épicier avait le flingue
facile avant de raccrocher, de se marier, d’avoir un enfant et de s’installer comme épicier. Une vie pépère jusqu’au jour où le jeune assassin télépathe Sin débarque dans la supérette. Vous voulez de l’action ? Alors vous en aurez, Sakamoto Days est un concentré d’énergie au rythme de parution effréné. Le 22e tome est sorti en juillet, le suivant est attendu pour octobre. (Sakamoto Days tome 22, de Yuto Suzuki. Glénat. 7,20€)
Shako Maeda est employée de bureau à Tokyo. Célibataire et sans enfant, elle se voit régulièrement confier les dossiers en retard, histoire de libérer ses collègues qui, eux, doivent aller chercher leur progéniture à l’école. Elle vit en colocation avec trois autres filles, Eika Matsuki, Misaki Kawaseda et Ohio Momoyama, avec lesquelles elle partage les petits soucis et les grands bonheurs du quotidien. À l’approche de la trentaine, Shako s’interroge sur la tournure que prend sa vie, surtout lorsqu’elle voit ses colocataires se passionner ici pour un garçon,
là pour la musique ou pour leur métier… Tout est dans le titre ! Quatre filles et une coloc aborde la crise de la trentaine à travers le parcours de d’une jeune femme confrontée aux questionnements sur l’amour, le travail et la place qu’elle souhaite occuper dans la société. (Quatre filles et une coloc, de Mizoko Tsuno. Delcourt / Tonkam. 8,50€)
Dix-huit tomes attendus, quatorze sont d’ores et déjà disponibles, les éditions Glénat nous offrent une réédition en grand format et en volumes doubles, de quoi profiter pleinement du dessin de Hiro Mashima et de cette histoire à la Dragon Ball qui débute dans un monde sur le point de basculer dans les ténèbres, cinquante ans après une guerre qui a opposé les Rave, les pierres sacrées, aux Dark Bring, les pierres maléfiques, et vu la victoire des Rave. Pour éviter que les Dark Bring reprennent le dessus, il faut un sauveur, ce sera Haru, un
jeune garçon aux cheveux argentés plein de ressources, doté d’une épée gigantesque et toujours accompagné de Plue, un petit animal qui ressemble étrangement à un bonhomme de neige. Ensemble, ils vont lutter contre les Dark Bring et l’organisation criminelle Demon Card. La première grande série de l’auteur de Fairy Tail ! (Rave, tome 14, de Hiro Mashima. Glénat. 14,95€ le volume)
Après Yan et Baby, le Taïwanais Chang Sheng revient en force avec Oldman, une histoire en deux volumes qui débute dans les geôles d’un pays lointain. Billy Oldman y est emprisonné jusqu’au jour où, devant une reine ébahie, il utilise ses dons d’illusionniste pour s’évader, entraînant dans sa fuite une autre prisonnière, Rebecca, une ancienne générale amputée des quatre membres. Rejoints par Wilson, un anatomiste concepteur d’automates qui, au passage, redonne un corps à Rebecca, le trio donne des spectacles de magie dans les théâtres de
la ville, en attendant de pouvoir prendre sa revanche. Un trait précis et fouillé, un univers foisonnant, des personnages aux caractères trempés dans l’acier : Chang Sheng nous apporte ici une nouvelle preuve, s’il en fallait une, de son immense talent. (Oldman, tome 2, de Chang Sheng. Glénat. 15,95€)
L’amour n’est pas réservé aux jeunes. Il peut aussi se vivre et se réinventer après cinquante ans de vie commune, comme nous le démontrent Seiichi et Mitsuko dans cette histoire d’une incroyable tendresse signée Erika Kogiku. Avec cette question que se posent tous les couples : qu’adviendra-t-il de celui qui restera le dernier ? Un trait délicat, une mise en page d’une
grande clarté, des protagonistes attachants et au final une réflexion tout en douceur sur le couple, la vieillesse, la mort… (Si Nous pouvions rester ensemble pour toujours, d’Erika Kogiku. Moonlight / Delcourt. 8,50€)
Direction la seconde moitié du XXIᵉ siècle. La Terre agonise sous l’effet du changement climatique, de la surpopulation et de l’épuisement des ressources. Dans ce contexte, les humains ont cherché une solution de repli du côté de l’espace. Mais un siècle plus tard, les colons doivent faire face à un autre fléau, de mystérieuses créatures qui portent le nom de star beasts. Pour les combattre, les humains construisent des AIGIS, des armures robotiques. C’est dans l’usine qui les fabrique que travaille Ryu Tyker, un homme ordinaire qui, confronté à une
situation extraordinaire, va devenir un héros… Des créatures monstrueuses, des vaisseaux spatiaux, des armures XXL, un univers riche et de l’action à tous les étages : Hero Organization nous offre une sacrée virée dans le futur ! (Hero Organization, de Kei Saikawa et Akira Takahashi. Glénat. 2 tomes parus, 7, 20€ l’exemplaire)
On termine avec le chef-d’œuvre de dark fantasy Berserk. Imaginé par Kentaro Miura dans les années 1980, puis poursuivi après sa disparition par son meilleur ami, Kouji Mori, et le Studio Gaga, Berserk s’enrichit aujourd’hui d’un 43ᵉ tome. Il nous offre une plongée dans un Moyen Âge plus sombre que jamais, aux côtés de Guts, mercenaire au bras artificiel et à l’épée titanesque, et de Puck, un elfe espiègle issu d’un peuple féerique. Tandis que l’un incarne la violence brute, l’autre apporte une touche de légèreté à cet univers plongé dans les ténèbres. Bienvenue en enfer. (Berserk, tome 43, de Kentaro Miura, Kouji Mori et le studio Gaga. Glénat. 7,20€)
Eric Guillaud

