C’est l’été, les doigts de pied en éventail, le cerveau en mode repos et enfin du temps pour lire et éventuellement rattraper le retard. Sur la table de chevet, quelques livres en attente. C’est le moment…
Derrière ce magnifique et poétique titre se cache une histoire du quotidien, une histoire de désamour, une séparation forcément douloureuse entre deux êtres, mais aussi une belle histoire d’amour entre un grand-père et sa petite-fille. Yaëlle est le prénom de cette petite fille. Ses parents, Charli et Solenn, ne s’entendent plus et ont décidé de divorcer. À hauteur d’enfant, Yaëlle va devoir composer avec cette nouvelle réalité et trouver auprès de son grand-père un refuge, une écoute et une présence rassurante. C’est d’ailleurs chez lui en Bretagne qu’elle séjourne le temps que les choses se règlent du côté de ses parents. Un soir, ce grand-père attentionné lui apprend à confier sa colère au vent :
« Il emportera tes maux, les transportera au gré des courants et te soulagera de leur poids. »
Une jolie métaphore qui va profondément aider Yaëlle à apprivoiser ses émotions et à alléger, peu à peu, le poids de cette séparation. Au point que, des années plus tard, lorsque son grand-père tombe gravement malade, elle décide de revenir auprès de lui pour lui redonner un peu de ce qu’il lui avait offert autrefois : de l’amour tout simplement.
Pour sa toute première bande dessinée, Enora Boutle nous offre un récit empreint d’émotion et de tendresse, porté par une écriture sensible, un trait fin et délicat et des personnages véritablement attachants. Avec beaucoup de justesse, elle évoque ce qui peut nous lier aux êtres que nous aimons, mais aussi ce qui peut nous en séparer : la maladie, la mort et le deuil. Malgré une thématique plutôt grave, Enora Boutle a su donner à son récit une approche aussi légère qu’une caresse du vent. Une autrice à suivre !
Eric Guillaud
Là où danse le vent, d’Enora Boutle. Glénat. 20€


